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Agilité et lutte contre le terrorisme

Agilité et lutte contre le terrorisme
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Dernière mise à jour le le 17 avril 2015 par Manon Molins

Peut-on lutter contre l’Etat Islamique et le terrorisme de manière “agile” ?


1 - Le constat / l’élément déclencheur


L'envoi de troupes et les méthodes de combat traditionnelles ont fait la preuve de leur incapacité à juguler le terrorisme Jihadiste et plus  largement, de leur inefficacité dans les conflits asymétriques. Même l'inflexion des stratégies militaires - “light footprint strategy” ou autonomisation des groupes de combattants de l'armée américaine sur le terrain - n'ont pas suffi à assurer la victoire ni même le statu quo.
L'agilité s'impose d'autant plus que la logique de guerre actuelle est onéreuse et de moins en moins acceptée par les populations occidentales comme moyen-orientales.
Elle s'impose également de façon structurelle puisque les événements terroristes sont par essence imprévisibles, de plus en plus “agiles” (l’initiative individuelle est encouragée), et qu’après un acte terroriste, se pose la question du rebond, de la résilience du tissu social et bien sûr, de la réaction (politique, médiatique, policière, militaire…).


2 - Les écueils

  • Utiliser soi-même des méthodes terroristes, ou du moins abandonner les principes démocratiques et les lois de la guerre, ce qui correspondrait à une défaite idéologique (Guantanamo en est une illustration)
  • Un aventurisme “méthodologique” qui accroîtrait les pertes militaires et civiles, sur le terrain (Syrie, Irak, Israël, Palestine…) et dans les pays occidentaux.
  • Un appui sur les citoyens qui dégénèrerait en délation généralisée…


3 - Une réponse “agile”


La principale réponse que nous avons choisie est de mener la guerre sur d'autres fronts : le sens et l'idéologie. Les djihadistes sont portés par une idéologie forte, un imaginaire et des symboles violents mais puissants (succès militaires, décapitations, martyrs...) Il convient de retrouver le sens de l'action, pas seulement celui de la réaction.

 

  • Le numérique peut outiller la population pour comprendre l'environnement, collecter des informations. L'agilité consiste alors à sortir du secret-défense pour aller vers l'open-défense. C'est une réponse à contrepied du terrorisme qui se professionnalise et se cloisonne. Le retournement est celui de la transparence, la mobilisation du grand public et la communication.
  • La cyber-guerre passe également par la mobilisation des communautés et notamment des communautés musulmanes : des signaux apparaissent déjà : jeunes musulmans sur FaceBook (“this is not my war”), hausse du nombre d'aumôniers musulmans dans les prisons pour lutter contre la radicalisation, prises de paroles des Imams...
  • Pour aller plus loin, il s'agit de sortir de la logique du "choc des civilisations" : autoriser le port du voile, les menus Hallal, fêter l'Aïd, pour faire la démonstration que l’islam peut être une religion comme les autres... Ainsi, on valorise l’islam contre l’islamisme.
  • D'autres hypothèses plus radicales, voire délirantes, ont été évoquées : par exemple armer des groupes chrétiens fondamentalistes pour ne pas laisser au Jihad le monopole du terrorisme...
  • L'agilité peut passer par une stratégie de provocation : déclencher une nouvelle crise telle que la publication de caricatures de Mahomet par Charlie Hebdo et surveiller les réactions pour identifier des éléments radicaux.
  • L'agilité passe aussi par l'organisation de la résilience : on se prépare aux attentats comme on se prépare aux séismes au Japon ou en Californie. L'attentat, même meurtrier, devient facteur non plus de terreur mais de mobilisation et de solidarité.
  • On peut imaginer que se testent une multitude d’actions (préventives et réactives) en même temps, avec une mesure constante des résultats et un ajustement au fur et à mesure.
  • En termes de communication, on pourrait tester diverses méthodes destinées à lutter contre les “biais cognitifs” qui incitent des jeunes à s’engager dans le jihad et/ou à utiliser ces biais cognitifs pour les en détourner. Là encore, une mesure constante des résultats doit permettre d’adapter les méthodes et de les ajuster aux publics visés.


A noter, en conclusion qu'il a sans doute existé une certaine agilité dans la réponse à Daesh (armer les populations kurdes, tendre la main à l'Iran, peut-être faire chuter le prix du pétrole...) les échecs et les leçons tirées de ces initiatives menées n'ont pas été portés à la connaissance du public.

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