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Blog de Innovations democraTIC

  • En partenariat avec l'équipe de la Mission Locale de la Ville de Paris, le programme Innovations DémocraTIC mène actuellement une enquête sur les pratiques des acteurs de la démocratie locale.

    image


    Objectifs

    Ce projet vise à construire une cartographie des initiatives citoyennes se démarquant par leur démarche innovante et leurs pratiques originales (par exemple, projets ludiques, utilisation inédite des TIC)... Ces initiatives peuvent être "physiques" (inscrites dans l'espace et l'action publiques) mais aussi faire intervenir le numérique. Les acteurs concernés sont diversifiés : conseils de quartier, autres instances de démocratie locale, associatifs participant à ces instances...

    Reprenant la logique de la boite démocraTIC, adaptée ici au territoire parisien, nous cherchons à valoriser ces actions et à leur donner une meilleure visibilité. Cette enquête répond à deux objectifs :

    - Approfondir la mise à disposition d’outils numériques pour des instances de démocratie locale comme les conseils de quartier.

    - Permettre un décloisonnement de l'information et favoriser le partage d'expérience


    Démarche

    Dans un premier temps, nous mettrons à contribution les coordinateurs de conseils de quartier par le biais d'un questionnaire destiné à nous faire remonter un maximum d'informations aperçues au sein des quartier. Leur position de surplomb à l'échelle de l'arrondissement permet d'avoir éventuellement une vue plus large des actions qui peuvent être conduites par des acteurs d'autres instances de démocratie locale (Conseil des Jeunes, Conseils des Résidents Extra-Communautaires...)

    Selon les informations indiquées, nous irons à la rencontre de ces projets et de leur porteur afin d'en comprendre l'action et de les renseigner pour la future plate-forme de partage en ligne.

    Nous invitons également les acteurs de la vie locale passant sur ce blog à venir à notre rencontre (en signalant un site Internet, en nous laissant leurs coordonnées...) en contactant Cécile Delemarre à (adresse de contact désactivée)

  • GouvCamp consacré à la Démocratie ouverte, une première française

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    Par Cécile Delemarre le 16 avril 2012
    • opengov
    • idemocratic
    • participation citoyenne

    Mardi 10 Avril le collectif Démocratie Ouverte organisait un Gouvcamp sur l'Open Government à l'Assemblée Nationale. Cet événement, dont la FING était partenaire, était l'occasion de réfléchir sur les mécanismes et moyens d'introduire plus de participation citoyenne au coeur même du processus législatif.

    Cette journée s'inscrivait dans le mouvement initié par l'OpenGov Partnership, constatant qu'au jour d'aujourd'hui aucuns pays francophones n'y participaient.

     

    Il réunissait un public hétérogène et international :

    > élus québecois et quelques (rares) élus français,

    > représentants du mouvement OpenGov tunisien,

    > chercheurs, notamment Loïc Blondiaux et Dominique Cardon,

    > citoyens initiés et simples curieux

     

    Le concept de "gouvernement ouvert" a été présenté par Cyril Lage et Armel Le Coz :Concept Open Gov

    Le GouvCamp avait pour objectif de présenter le projet Parlement & Citoyen, plateforme destinée aux élus pour consulter l'avis des citoyens et favoriser leur contribution en amont des propositions de loi.

     

    Le compte-rendu de la journée est désormais disponible ici !

    Logo Partolement & Citoyens

  • L'Open Data, par tous et pour tous

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    Par Fabienne Guibé le 11 avril 2012
    • idemocratic
    • open data

    L'Open Data, par tous et pour tous : acteurs publics, entreprise, journalistes, chercheurs, associatifs, innovateurs et vous!

    L’ouverture des données, et en particulier des données publiques, marque un nouveau paradigme dans les sociétés démocratiques.

    • ° L’émergence d’un foisonnement de données augure d’un nouveau rapport à l’information : à la diffusion, au partage, à l’analyse, à la co-production.
    • ° De nouveaux intermédiaires (designers, journalistes, statisticiens, développeurs) sont nécessaires pour faire émerger le sens des données.
    • ° De nouvelles représentations (géolocalisées, graphiques…) s’imposent dans le paysage, et dont il faut connaître les clés de lecture, les codes. 

    Pour les habitants et les usagers du territoire cette dynamique d’ouverture n’aura du sens que si elle produit des effets concrets, significatifs et perceptibles : des services nouveaux ou améliorés, une participation accrue à la vie démocratie locale.

    Nous vous invitons à venir débattre des enjeux citoyens de l'Open Data, à découvrir des initiatives citoyennes faisant usage de données ouvertes, à analyser comment tout cela transforme les conditions d'exercice de la démocratie locale, en participant à la Semaine européenne de l'Open Data, par tous et pour tous.

    Particulièrement la journée du 24 mai, où plusieurs ateliers porteront sur "Open Data et Démocratie locale". 


    Pour être tenus informés du programme des conférences et des ateliers, merci de nous laisser vos coordonnées. (L'événement est gratuit et ouvert à tous).
    Si vous êtes intéressés par le croisement du sujet "Open Data et démocratie locale" vous pouvez:

    1) répondre à ce petit questionnaire en ligne, 2) participer à la suite de nos travaux

  • Retour sur l'atelier Open Data de Dataconnexions & Google

    • Télécharger en PDF
    Par Cécile Delemarre le 19 mars 2012
    • opendata
    • open data
    • idemocratic

    Dans le cadre du concours Dataconnexions lancé officiellement le 16 février, Etalab et Google co-organisaient mercredi 14 mars un atelier open data. Deux sessions de conférences étaient proposées :

    • « Google Tech » présentait des outils de Google (public data explorer, html 5, API)

    • « Open Data » - à laquelle j'ai pu assister – portait sur l'état du mouvement français de l'ouverture des données publiques avec comme fil conducteur l'initiative Etalab.

    Cet atelier a attiré en grande majorité un public d'initiés à l'Open data, enthousiastes et sceptiques confondus. Les conférences étaient suivies dans la soirée d'un hackaton où développeurs, designers et experts data étaient invités à constituer des équipes et imaginer des services réutilisant les données publiques.

    [NB : les vidéos complètes des sessions sont désormais en ligne]

     

    Données publiques centralisées, données publiques mises en visibilité

     

    Lors de la session « Open data for open mind », Romain Lacombe, chargé de l'innovation et du développement, est venu présenté la genèse de la mission Etalab, administratrice de la plateforme data.gouv.fr sur laquelle un important travail de backoffice a été opéré par 200 agents dans les ministères pour libérer des données publiques à l'échelle nationale. Ont également collaboré jusqu'à aujourd'hui des collectivités et des autorités administratives et des établissements publics tels que la l'ARCEP et la BNF...

     

    L'ouverture des données est ainsi principalement nationale, le nombre d'émules locales étant encore faible. Les producteurs de ces données, eux, sont bien identifiés, ils sont institutionnels. Dans la salle, quelqu'un s'interroge : «que faire s'il manque des données ? ». La question peut alors recouvrir plusieurs aspects :

    • sur la nature et le contenu des données auxquels le droit répond à travers les définitions exprimées par la loi CADA de 1978.

    • sur la résistance de certaines collectivités ou bien la lente diffusion du sujet sur certains territoires auxquelles Etalab cherche à informer et sensibiliser.

    • enfin corollaire du tiret précédent, sur la source de ces données : à se limiter aux institutions et à leur bon vouloir, n'y a-t-il pas un risque d'angles morts ? Au sein du programme Innovations DémocraTIC, on pourra s'interroger sur la place du citoyen et de la société civile en prenant l'exemple nantais qui a tenu à adopter une démarche de co-production des données en associant LiberTIC.

    Romain Lacombe a cherché à rassurer en annonçant la future mise en place d'une plateforme d'échange sur laquelle les utilisateurs pourront contacter Etalab.

     

     

    De la donnée en quantité et la question de l'interopérabilité

     

    L'exploration du catalogue data.gouv par Qunb a été l'occasion d'établir un état des lieux des quantités de données publiques françaises « relâchées », tout en les mettant en perspective à travers une comparaison avec le catalogue britannique data.gov.uk. Qunb, qui se définit comme un « one-stop-shop for numbers » est un agrégateur et explorateur de données, émises de sources diverses, conçus pour aider l'utilisateur à trouver l'information dont il a besoin au milieu de la gigantesque base de données qui lui est proposée.

     

    Data.gouv mettrait aujourd'hui 3500 jeux de données uniques à disposition du grand public (contre les 350 000 annoncés sur le site d'Etalab). Les thématiques les plus riches sont l'économie et le budget qui représentent 46% du catalogue, contre 2% pour la santé.

     

    La collection des données introduit la problématique du format et de l'interopérabilité des données, posée par la FING en juillet dernier lors d'un Open Data Garage. Pour démêler l'enchevêtrement des formats, Qunb a classé les contenus en trois catégories :

    • les données structurées (de type .rdf)

    • les données semi-structurées (.xml, .xls sur lesquelles, précise QUNB, ils opèrent un important travail de crunch).

    • les données non structurées (pdf, texte...)

     

    La question du format a été également posée à Romain Lacombe, mais a été partiellement répondue tant aucune meilleure solution ne semble se dessiner. Sur le plan du droit, la Licence Ouverte développée par Etalab est destinée à introduire un minimum de standard et à lever les barrières juridiques relatives aux questions de propriété. En étant calquée sur la licence ODBl anglo-saxonne, elle vise dans un même temps une meilleure circulation des données entre frontières étatiques.

     

    Donner sens à la donnée

     

    La session sur la visualisation de données présentée par Dataveyes, agence de visualisation de données interactives, a recentré les débats autour plus de qualitatif et le rôle de plus en plus fondamental de l'infographie.

     

    Caroline Goulard a présenté sa démarche fondée sur l'efficacité et le ludique :

    • Passer par le storytelling afin de donner un sens aux données en introduisant un référentiel de valeur, c'est-à-dire un contexte. La dataviz est un moyen d'extérioriser ce contexte.

    • L'interactivité permet la granularité, ou autrement dit d'affiner toujours plus le niveau de détail en introduisant des filtres. Exemple de la visualisation de la proposition de répartition du budget Barack Obama dans la campagne présidentielle 2013.

    • La dimension expérientielle de l'information permet une meilleure appropriation du sujet par l'utilisateur.

    • Un élément classique de l'infographie qui reste efficace dans les circuits courts de l'information : le jeu sur les métaphores et les clichés visuels. Exemple de l'arbre des polémiques sur Wikipedia.

     

    La posture est donnée : la datavisualisation doit concilier facilité de manipulation des outils pour celui qui a recours aux données et facilité de compréhension du message pour celui qui regarde. L'approche est donc user centric et appuit un message qui nous semble essentiel : l'open data doit être accessible à tous. La datavisualisation se veut un nouveau moyen d'accéder à l'information en poussant les utilisateurs à sortir de la position d'observateur et en les invitant à être actifs.

     

    Un point de blocage demeure selon Caroline Goulard : une datavisualisation est le plus souvent adaptée au message qu'elle véhicule. Il y a cohérence du fond et de la forme dès le début de sa conception. Or comment développer des outils qui introduiraient nécessairement une forme de standardisation des infographies tout en conservant la pertinence d'une visualisation one shot ? La question reste ouverte.

  • Mise en lumière ludique du design de service

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    Par Cécile Delemarre le 29 février 2012
    • idemocratic
    • design

     

    image

     

    Les 24, 25 et 26 février, se déroulait la 2e édition du Global Service Jam, événement planétaire impliquant simultanément 45 pays.

    L'édition française (la seule de la métropole) a eu lieu à Orléans dans les locaux de l'ESAD, organisée par Nékoé, Pôle de l'innovation par les services. 

     

     

    Le principe du prototypage rapide appliqué aux services

     

    Les participants répartis en équipe avaient 48h pour prototyper un service innovant autour d'un thème mystère - autour duquel aucune fuites n'étaient tolérées via twitter et facebook afin de ne rien enlever à l'effet de surprise des pays dont la session n'avait pas encore débutée à cause du décalage horaire. Cette année, la dimension internationale était renforcée par la mise en place d'une collaboration entre une équipe australienne et une équipe française. La course contre la montre qu'imposait l'exercice se transformait alors en course de relais dont le passage de témoin se faisait à la nuit tombée.

     

    La méthode du jam ou l'improvisation pluridisciplinaire

     

    Le jam (bœuf en français) s'inspire de la musical jam session pendant laquelle des musiciens improvisent autour d'un thème. L'idée était alors de réunir par équipe des personnes aux profils sociologiques divers, étrangères les unes aux autres, poussées à co-construire un service à partir de leur propre imagination.

     

    Cette méthode, c'est tout un travail d'organisation mais aussi et surtout de connaissance et reconnaissance au sein des équipes. Chaque membre apportait ainsi une compétence particulière : designers, informaticiens et ingénieurs, marketteurs et communiquants, ergonomes, concepteurs de business modèles... Très rapidement, l'apport de chacune des compétences était naturellement ressenti au fil des interrogations que posent la création d'un service : répond-t-il véritablement à un besoin ? Pour quel utilisateur ? Quelle forme prendrait-il ? Saurait-il l'utiliser ? Le modèle économique est-il viable ? Jusqu'où pousser l'esthétisme du produit ?

     

    Formation accélérée au user centrism

     

    Fait marquant, le public n'était pas constitué dans sa majorité d'initiés au design de service. Si le profil des designers était largement représenté, 29 sur 60 participants au total, seulement 7 se définissaient véritablement comme designers de service. Les autres, design produit, graphique et espace, avouaient leur curiosité, parfois l'incompréhension, de la juxtaposition des termes design et service.

     

    Cet intérêt pour cette nouvelle façon d'aborder le design était également partagé par les ergonomes, pour certains très interrogatifs sur les méthodes et outils mobilisés. L'approche psychologisante qu'exige l'ergonomie a rapidement coïncidé avec la démarche user centric du designer de service. L'association de ces deux pôles était une nouvelle occasion d'insister sur la nécessité de fournir des services au concept immédiatement intelligible par les utilisateurs mais aussi adaptés et adaptables à un public hétérogène.

     

    Au terme des 3 jours, les cinq équipes françaises ont délivré des services différents les uns des autres sur fond d'une idée commune, rappelée à plusieurs reprises lors de la restitution finale : un service répond à un besoin, un manque. Il rencontre un public que le design de service doit être capable de cerner. Plus encore, le numérique n'est pas au centre du service, c'est bien l'humain qui prime.

     

    L'innovation réalisable par tous et pour tous

     

    Le format marathon du Global Service Jam a ainsi réussi à diffuser ce message premier sur le design de service. Le second, résumé par Céline Calmet de Nékoé lors de la clôture de session, est qu'il est possible de monter un projet innovant en 48h à partir de peu de choses. L'innovation naît ainsi d'un ensemble d'interaction entre une problématique, des acteurs et des idées. La philosophie du design vient facilement s'insérer : il s'agit d'être « à côté », d'offrir un nouveau point de vue.

     

    L'expérience va dans le même sens que l'intuition du programme Innovations DémocraTIC autour de l'idée que le design est une "démarche, une méthode, une façon de penser, de comprendre les projets." pour reprendre la définition de Romain Thévenet de la 27e Région dans le livre de Design des politiques publiques. Chaque citoyen, notamment par l'intermédiaire du design et de l'apport des nouvelles technologies est en capacité de penser un projet.

     

    A quand une première démocratic jam session ?

  • Coup de projecteur sur la Social Media Week à venir

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    Par Cécile Delemarre le 10 février 2012
    • idemocratic
    • participation citoyenne
    • événement
    • innovation

    Du 13 au 17 février 2012


    La semaine prochaine sera marquée par la nouvelle édition de la Social Media Week qui propose une série de conférences autour des tendances et pratiques émergentes diffusées par les médias sociaux et technologies mobiles.

    La FING et le programme Innovations DémocraTIC seront présents à certains des événements.  Nous avons faits une petite sélection des conférences répondant à l'esprit du programme et que nous tâcherons de suivre. (Pour accéder à l'ensemble du calendrier de la semaine, c'est ici).

     

    Lundi 13 février 17h-19h à la Mairie du IVe

    Réseaux, participation, concertation : Innovation démocratique ?

    Le programme Innovations DémocraTIC viendra échanger autour des notions de réseaux, numérique, participation et concertation avec des acteurs du même champ. Cette rencontre sera l'occasion de mettre en perspective les évolutions et les freins à l'innovation démocratique en France, notamment à travers une comparaison avec des expériences internationales grâce à la présence de Federico Casalegno.

    Intervenants :

    - Denis Pansu, Programme DemocraTICs, FING

    - Federico Casalegno, projet Civic Media / Unicef / Brésil ; Mobile experience Lab, MIT, Cambridge (USA) – http://mobile.mit.edu/

    - Florence Durand Tornare, Villes Internet et La Suite dans les Idées

    - Véronique Kleck, Civic Media


    Mercredi 15 février 10h-13h à la Cantine

    Retour aux sources de l'empowerment : quel rôle pour le numérique ?

    La question de la capacité d'action - citoyenne - et de son renforcement (ou empowerment) trouve de nouvelles sources de questionnement lorsqu'elle rencontre celle du numérique. Il s'agit de réfléchir à la part du numérique dans son développement : est-il moteur, composant ou soutien ?

    Intervenants :

    - Marie-Hélène Bacqué (Paris X-Nanterre),

    - Elisabeth Le Faucheur Joncour (@Brest),

    - Frédéric Sultan (Vecam), Jacques-François Marchandise (FING).

    - Animée par Valérie Peugeot (Orange Labs/Vecam).

     

    Mercredi 15 février 16h-20h au Celsa

    Réseaux sociaux mondalisés : pratiques et contraintes de l'Internet en Chine

    La question de l'empowerment est nécessairement liée à celle de liberté et d'expression. Les pratiques de l'Internet peuvent-elles être les mêmes entre un pays où l'Internet est "libre" et un pays où il est verrouillé ? Beaucoup de choses sont encore à construire en France.  Observer des usages de l'Internet dans des scénarios "extrêmes", un régime politique autoritaire comme celui de la Chine, est aussi l'occasion de réfléchir à ce qui constituent les fondements et les valeurs d'Internet ("notre" Internet ?), et, pourquoi pas de nous offrir un regard réflexif sur nos propres usages.

    Intervenants :

    - François Bougon, journaliste au Monde

    - Allan Barhoun, Master Recherche au sein du GRIPIC-CELSA

    - Valérie Jeanne-Pérrier, Maître de conférences CELSA, GRIPIC

    - Anne Soetemondt, journaliste-présentatrice TV5 Monde

    - Etienne Candel, Maître de conférences CELSA, GRIPIC

     

    Jeudi 16 Février 14h30-16h30 à la salle Triangle du Centre Pompidou

    Digital + Humanities : quand les sciences humaines et sociales rencontrent les professionnels du digital

    L'innovation démocratique passe par la compréhension des mécanismes de la société et du comportement humain. Que peuvent apporter les sciences humaines au numérique et que pensent les sciences du digital des sciences humaines ? Les premières s'intéressent à l'humain et à la société, les seconds à la technologie et aux défis que celle-ci pose. Cette conférence est l'occasion de découvrir les points de convergence et de mieux situer la complémentarité des deux champs.

    Programme :

      – “L’identité et ses usages en contexte numérique” par Julien Pierre, doctorant au Laboratoire GRESEC, enseignant à l’université Stendhal de Grenoble, consultant et auteur du blog identites-numeriques.net

      – “Repenser la gamification” par Olivier Mauco, doctorant en sciences politiques à la Sorbonne-Paris I, concepteur freelance de jeux vidéo.

      – “Objets informationnels et objets culturels” par Patrick Peccatte, ancien professeur de mathématiques, chercheur associé au Laboratoire d’histoire visuelle contemporaine (Lhivic/EHESS), spécialiste des métadonnées et technologies XML.

      – “Philosophie du numérique ? Philosophie, objets et numérique” par David Morin Ulmann, sociologue et philosophe.

      – Conclusion générale :  ”Technologies de la contribution”, par Vincent Puig de l’IRI


     

  • Séminaire "Ville, infrastructure et Open Data" à l'EHESS

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    Par Cécile Delemarre le 30 janvier 2012 Commentaires (1)
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    • données publiques
    • idemocratic

     

    Dans le prolongement des réflexions initiées par Citélabo autour du mouvement Open Data, le programme Innovation DémocraTIC travaille sur l'articulation entre participation numérique et partage des données publiques. C'est à l'occasion d'un séminaire, organisé par Antonio Casilli sur la culture numérique et d'une séance portant sur la " Ville, Infrastructure et Open Data" présentée par Jérome Denis, que l'on peut dégager quelques pistes de réflexion.

     

    Présentation de la séance (les slides du séminaire sont également disponibles en ligne)

     

    "En quelques années, la rencontre entre la ville et les nouvelles technologies est devenue une question centrale dans de très nombreux domaines (géographie, informatique, sciences de la communication, sociologie, gestion). Elle a notamment donné lieu à certains discours qui présentent une "révolution" qui aurait peu à peu "doublé" la ville d'une nouvelle couche informationnelle.

    Dans ce mouvement, on assisterait à l'explosion du nombre de données disponibles qui permettraient de faciliter la saisie de la ville, qu'il s'agisse de la gérer, de la fluidifier, de la sécuriser, de la démocratiser ou encore de l'habiter. C'est dans ce cadre par exemple que le mouvement Open Data, qui défend la libération des données publiques, a pris forme.

    Si ce discours ne repose pas sur du vide, il mérite toutefois dêtre largement remis en perspective. Il s'agit d'explorer les pistes du possible dans la ville et les questions dont la recherche doit se saisir :

    - Se saisir des continuités qui se dessinent dans l'émergence d'une ville numérique

    - Les pistes de recherche inspirées des infrastructures studies qui vise à documenter finement les conditions de production et les formes d'instanciation des données de la ville."

     

    1 Se saisir de la ville

     

    La ville est à la fois un espace d'information et un objet d'information.

    • La ville fait l'objet de lutte de tout un ensemble d'acteurs pour conquérir son territoire. On observe par exemple la grande lutte des panneaux de publicité avec la signalétique RATP au sein des espaces publics de transports en communs parisiens. On peut également prendre l'exemple du grafiti.

    • La ville fait l'objet de tout un travail d'information et d'organisation. C'est tout une écologie organisationelle qui est mobilisée pour produire de l'information. On s'intéresse ici surtout aux organisations institutionnelles. A côté, se développent de nouveaux profils, tels que les innovateurs. Ils sont en dehors des services de la ville, issus de milieux du design... Ils pensent généralement la ville comme une page blanche sans prendre en compte les organisations déjà en place et les systèmes d'information traditionnels. Cela pose la question de l'intégration des nouveaux dispositifs d'information à ce qui existe déjà.

     

     2 Proposition de script : les différentes figures des usagers

     

    Les usagers sont déjà présents dans les descriptions de la technologie. Tout un ensemble de scénarii d'usage se développent et pensent différentes situations :

    • Participation : utilisation des données dans les dispositifs interactifs/participatifs.

    • Réfléxivité : données sur l'état de l'environnement. Exemple des panneaux "AirParif" designés pour que l'on se rende compte de la qualité de l'air. L'objectif est d'inciter à prendre ses précautions, et par-là de modifier les comportements.

    • Co-production : recherche d'une meilleure coordination entre usagers, fluidité de l'information.

     

    Proposition de modélisation des différens types d'usagers qui se dessinent :

     

    Traces, données

    Passants

    Circulation

     

    Lieu public |

    Riverains

     

    VILLE

     

    Citadins

    | Espace public

     

    Participation

    Citoyens

    Démarche, Avis

     

    On aurait deux figures totalement opposables d'usagers : les passants et les citoyens. Les premiers produisent des données objectives en circulant dans la ville, en utilisant ses services. Les seconds produisent des données plutôt de l'ordre subjective ou volontariste en émettant des avis ou en entreprenant des démarches au sein de la ville.

    Entre ces deux extrêmes, naissent des figures mixtes : les citadins, capables de changer de comportement, plus tournés vers les autres, conscients du vivre ensemble au sein des lieux publics. Puis les riverains plus soucieux de leur quartier, qui prennent soin de leur ville (les outils de type open street map illustrent le type de démarche).

     

     

    3 Infrastructures informationnelles

     

    Infrastructure studies. Ce point s'inspire des travaux de Bowker et Star qui étudient les grands systèmes de classification en bio-médecine. Ils observent comment se fabriquent les systèmes de standard, d'algorithmes... On retrouve ici les mêmes enjeux que ceux sous-tendus  par la construction des bases de données.

     

    Les infrastructure studies naissent avec la rencontre de deux mouvements :

    • Un mouvement qui prône la transparence politique (accountability), qui fait de la surveillance citoyenne une condition fondamentale. On peut y apparenter les mouvements qui pratiquent les logiciels libres.

    • Un mouvement qui perçoit que les administrations comme des sources importantes de nombreuses données inexploitées, financées par les contribuables, et qui devraient leur être restituées selon toute logique et toute légitimité. Ce dernier mouvement correspond à l'esprit de la loi de 78 de la CADA, de plus en plus remise au goût du jour. Certaines métropoles sont à la pointe de ce mouvement, Rennes par exemple.

    L'idée de base est de pouvoir rendre publiques mais surtout partageables les données. Les chercheurs y voient l'occasion de fabriquer une science à la plus grande échelle possible. Les problématiques que l'ouverture des données pose sont tout aussi nombreuses :

    • Cela pose la question de la constitution et l'utilisation des bases de données : qui peut le faire, et comment ?

    • Les effets de transparence ont tendance paradoxalement à invisibiliser le travail de rendre transparent les données.  La méthodologie de la donnée transparente est une vraie question d'ordre scientifique.

     

    Questionner les infrastructures informationnelles reviennent aussi à questionner la notion d'information. Complexe, elle recouvre les notions sous-jaçentes de données et de catégories.

    1) Des données peuvent-elles être vraiment brutes ?

    • Selon Jérôme Denis, cela n'existe pas, elles sont forcément orientées : les détenteurs des données les plus réticents à libérer leurs données mettent en avant le risque performatif que cela pourrait entraîner. C'est l'exemple de la publicisation des données de la police à Londres : on peut visualiser sur une carte les zones de criminalité les plus denses, l'impact sur ces zones risque d'être renforcé (prix de l'immobilier, flux de population...)

    • D'autres soulignent la mauvaise qualité des données : formats inutiles ou limités (accès à de simple pdf, excel) voir inutiles en soi.

    • Enfin, des mouvements prônent la co-construction des données libérées.

     

    2) Les risques de biais des politiques de catégories

    • La catégorisation est nécessaire mais reste politique. Un exemple simple : le cas Agnès étudié par Garfinkel, sur un transexuel qui choisit de mettre en avant soit son côté féminin soit son côté masculin, ne rentre pas dans les cases sexe "masculin" ou "féminin" dans les formulaires officiels. En Australie, des administrations ont inclu la case "sexe indéterminé" dans leur questionnaire.

    • Ce jeu de la définition de la catégorisation peut rentrer en conflit avec d'autres logiques. Par exemple, open street map met en avant certains équipements de la ville (pistes cyclables) qui ne correspondent pas aux standards de la ville de Paris.

     

     

    Pistes de réflexion

     

    L'effet (pervers ?) d'invisibilisation du processus de "back-officisation" : Il y a un vrai focus à faire sur le back-office. Les travailleurs des services risquent d'être totalement invisibilisés dans le phénomène Open Data qui donne une fausse impression que tout est direct.

    En étant trop centrée sur les usagers, il y a un risque que la ville apparaissent uniquement comme un service... C'est ici une réponse aux travaux de Marie-Anne Dujarier sur les consommateurs. Il ne faut pas voir l'Open Data comme un mouvement d'externalisation, il faut rester du côté du gestionnaire de la ville. En France, un certain pari est fait sur l'ouverture des données publiques comme un moyen de nourrir l'innovation à moindre coût (l'idée étant de créer de jeunes start up Google).

    Autre fausse impression : la libération des données ne coûte rien. En réalité, la refabrication des données brutes comporte un coût. Cela ressemble beaucoup au travail de la CADA sur les résultats des marchés publics qui tentaient de remettre en forme lisible tout le processus. On a tendance à ne voir que l'apport informationnel mais pas la mobilisation de l'écologie organisationnelle que cela suppose.

     

    Question de l'interprêtation des données : L'Open Data est vendu comme un mouvement allant dans la direction des citoyens. Mais finalement la question de la publicisation reste un lieu de blocage. Y a-t-il des catégories qui doivent rester fermées ?

    On revient finalement à des questions de pouvoir (telle qu'elles sont analysées en sociologie politique) : qui est légitime pour interprêter des données ? On retombe dans les luttes scientifiques autour des méthodologies légitimes et illégitimes.

    Le phénomène open data est renforcé par une tendance à la sacralisation de la donnée, dans le data journalisme notamment, qui est à la limite du néo-positivisme où la donnée brute, le chiffre serait l'argument inattaquable. Or, il faut bien voir que c'est un leurre, que le travail d'interprêtation a déjà été effectué. Le coeur du débat réside dans le mode de calcul.

     

    Enjeu de la visualisation des données : La datavisulisation se veut une forme de représentation simple et directe de la donnée, à la limite du ludique et de l'instinctif. Elle oscille entre fonctionnalité et visibilité. Il faut faire attention néanmoins aux dispositifs qui soumettent des visuels qui ne proposent pas forcément un accès rationnel mais au contraire cherche plutôt à susciter l'affectivité.

     

    Quelques références proposées :

    - Denis, J., & Pontille, D. (2010). La ville connectée. Réalités Industrielles (Annales des Mines), (Novembre 2010), 69-74.

    - Beaude, B. (2009) Crime mapping ou le réductionnisme bien intentionné. Espacestemps Net.

    - Edwards, P. N., Bowker, G. C., Jackson, Steven, J., & Williams, R. (2009). Introduction : An Agenda for Infrastructure Studies. Journal of the Association for Information Systems Introduction, 10, 364-374.

  • L’agenda européen de la citoyenneté

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    Par christophe Tallec le 10 janvier 2012
    • idemocratic

     

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    Ce début 2012 est l’occasion de rappeler l’horizon européen du programme “L’Europe pour les citoyens”, programme qui met au coeur la citoyenneté active, engagé par la commission Européenne et les pays membres.

    Nous sommes actuellement dans la phase 2007-2013 du programme, 2012 s'articule sur deux axes principaux :

    - La promotion de la citoyenneté et de la démocratie Européenne, le développement de la compréhension de l’Union Européenne, de ses valeurs et des bénéfices au quotidien pour ses citoyens.

    - Nourrir l’intérêt direct des citoyens dans l’agenda politique Européen.

    Vous pouvez retrouver le guide du programme, disponible en anglais, ici
    http://ec.europa.eu/citizenship/pdf/programme_guide_2011_en.pdf
    Et si 2013 était l’année du citoyen Européen ?
    L’année marquera les 20 ans de la création de la citoyenneté Européenne qui se manifeste par exemple dans des voyages moins chers dans les pays de l’Union, l’espace Shengen, l’harmonisation du coût des communications. Mais l’année 2013 sera notamment l’occasion de stimuler la participation active sur les politiques européennes. Une série d’évènements, conférences et séminaires seront organisés à travers l’Union Européenne, au niveau national, régional et local.


    Et pour le reste de la décennie ?
    La participation citoyenne européenne de cette décennie va contribuer aux discussions clés telles que la croissance économique, la sécurité et le rôle de l’Europe dans le monde. A travers ces enjeux, les axes clés du programme 2014-2020 “Europe for Citizens” se concentreront notamment sur la citoyenneté Européenne, l’engagement démocratique et la participation civique, avec deux thématiques :

    - Stimuler le débat, la réflexion et la coopération sur le souvenir, l’intégration Européenne et son histoire.

    - Développer la compréhension et la capacité des citoyens à participer aux processus d’élaboration des politiques européennes et développer les opportunités pour la solidarité, l’engagement social et le volontariat dans l’Union Européenne.


    Vous pouvez retrouver toutes ces informations sur le site internet du portail de la citoyenneté de l’Union Européenne : http://ec.europa.eu/citizenship/news-events/news/index_fr.htm
    Et l'agenda innovations democraTIC ? Surveillez nos publications sur notre twitter @democraTIC et sur le site internet pour tout savoir sur les prochaines explorations !

     

  • Article rédigé par Marine Alberade

    Lors de la 4e rencontre du groupe de travail Citélabo OpenData, le 30 novembre à la mairie de Paris, les échanges ont porté sur l'appropriation par le plus grand nombre.

    Le mouvement d’Open Data fera-t-il l’objet d’une large appropriation citoyenne ? Alors que les initiatives d'Open Data se multiplient au sein des collectivités, et de l’Etat (mise en ligne d’EtaLab), mettant en avant des objectifs multiples (citoyens, économiques, une volonté d'améliorer les services rendus aux usagers), il est pertinent de se questionner sur les vertus citoyennes, attendues et avérées à ce jour, de l'open-data.

    Et si l’ouverture des données ne produisait aucune amélioration des exigences collectives de transparence, de participation démocratique, ou d’exercice de la citoyenneté ? questionnait Jacques-François Marchandise en introduction de cette rencontre.

    Comment construire les conditions de réussite de la rencontre entre démocratie participative et open data ?

     

    1 - La rencontre entre deux mondes…

    La rhétorique politique de l’Open Data  fait, à côté des enjeux économiques, une large place aux enjeux citoyens : la transparence des données, l’amélioration du service rendu aux usagers, l'augmentation des capacités d’interpellation citoyennes, etc. Paradoxalement, les acteurs portant la dynamique, dans le secteur public comme associatif, sont issus généralement d’univers plus techniques. Ils disposent en cela d’une bonne compréhension des enjeux technologiques (les formats d’accès, les licences de réutilisation, les bases de données…), ce qui est heureux car la technique n’est jamais neutre, rappelait Laurence Monnoyer-Smith. Mais pour les néophytes, ces enjeux apparaissent facilement « technicistes », et peu attrayants.

    C’est peut-être pour ça que les acteurs traditionnels de la démocratie participative, associatifs, militants, ne se sont pas emparés du sujet jusqu’à présent. Sujet qui n’est pas sur les agendas, précisait Pascal Aubert, Vice-président de la Fédération des Centres Sociaux et socioculturels et président de l’ADELS. Endossant volontairement dans cette assemblée un rôle de « représentant du reste du monde », Pascal Aubert s’alarmait d’un gap d’usages dans la population, et d’un manque de compréhension des enjeux des outils numériques.

    Les conditions du croisement de ces deux mondes restent à construire. D’ailleurs cette rencontre est-elle vraiment souhaitée ? Bernard Pissaro, de l’Institut Renaudot et du collectif Pouvoir d’Agir faisait part de la difficulté d’accéder à certaines données par exemple celles liées à l’insalubrité des logements (cf. saturnisme), ou à la santé publique (cf. chiffres statistiques nationaux du cancer du sein. Ces données existent à des échelles micro-locales, mais leur consolidation nationale n’est pas partagée). Les institutions et les décideurs rechignent à communiquer des données sensibles, pouvant mettre à jour un défaut d’action publique.

     

    2 – La transparence et le droit d’accès à l’information, une histoire ancienne

    Transparence et droit d'accès à l'information ne sont pas nés avec l'Open Data, et sont globalement des exigences anciennes en Europe ; la volonté de transparence était déjà consacrée par l'article 15 de la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789, par ces termes : « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration  ». A la fin des années 70, en pleine période d’informatisation des administrations, La loi CADA est venue rajouter une possibilité supplémentaire d’accès aux documents administratifs.

    La transparence et le droit d’accès à l’information se retrouvent ensuite mis en avant dans tous les programmes successifs d’e-administration (programme Pagsi sous le gouvernement Jospin, le plan ReSo sous Raffarin …).

    La transparence ne crée pas à elle seule la confiance, rappelle Stéphanie Wojcik, maître de conférences à l’université Paris Est Créteil citant les travaux de Regina Connolly et Frank Bannister. Or dans l’Open Data, c’est la transparence des données qui est retenue, non pas celle du processus politique.

    L’association Regards Citoyens est venue à l’Open Data par ce biais-là : une vigilance portée à la transparence des processus et des actions en politique, explique Benjamin Ooghe-Tabanou. Le mouvement d’ouverture des données est arrivé à point nommé, offrant des outils supplémentaires. Nosdeputes.fr, lancé par l'association a ainsi fait de la réutilisation des données disponibles un principe. Fort de 1600 inscrits, le site fait aujourd'hui l'objet d'une participation régulière et de contributions fournies. 

    Mais le succès et la notoriété de Regards Citoyens ou LiberTIC ne doivent pas cacher leur caractère d’exception dans le panorama français. On peut même s’étonner aujourd’hui de la multiplicité des discours sur les vertus citoyennes de l’Open Data au regard de la modestie des réalisations.

    Il faut noter aussi, dans les discours politique, la confusion qui règne entre Open data / démocratie / transparence / participation, précise Stéphanie Wojcik. Laisser croire que l’Open data équivaudrait à une plus grande transparence, qui équivaudrait mécaniquement à une meilleure participation citoyenne…pourrait être risque de désillusion.

    On peut se demander par exemple si la récente ouverture du portail français ETALab va  servir à un plus grand contrôle des gouvernants par les citoyens. Sans doute est-il une brique nécessaire, mais pas suffisante. « Quand on a analysé par les chiffres que les réseaux d’eau étaient de meilleure qualité dans tel quartier riche plutôt que tel autre plus pauvre, comment faut-il s’y prendre pour agir en tant que citoyen ? » questionnait un participant… 

     

    3 - « La force de la donnée c’est d’être partagée ».
    Pour un service public « grand ouvert »

    Avec l’Open Data, la problématique de l’accès à l’information est dépassée. La donnée brute n’est pas de l’information, elle n’a pas de pouvoir en soi. L’accès aux données est un préalable, mais n’est pas suffisant pour être « performatif ». « La force de la donnée c’est ce qu’on en fait », c’est-à-dire comment et avec qui on la partage, comment on la réutilise, on la compare, ce qu’elle produit comme informations supplémentaires.

    Il est nécessaire de faire de la pédagogie auprès des utilisateurs finaux pour faire connaître les potentialités de l’OpenData, mais aussi auprès des acteurs publics pour qu’ils identifient un périmètre large d’utilisateurs de la donnée.

    C’est tout l’objectif de l’enquête mise en ligne par Orange Labs et Owni, en partenariat avec EveryDataLab et la FING. Une démarche aussi inédite qu’originale, « Où habitez-vous vraiment ?  ».

    Il s’agit d’analyser les décalages entre les perceptions spontanées que les habitants ont de leur territoire et la réalité renvoyée par les chiffres, expliquent Valérie Peugeot, prospectiviste à Orange Labs, et Marie Cousin d’Owni. A la fin du questionnaire, lors de l’analyse des résultats, beaucoup d’autres thèmes sont présentés ; le questionnaire aurait pu les aborder si les données avaient été accessibles.

    L’Open Data, c’est un véritable changement de paradigme pour l’acteur public. C’est une nouvelle posture d’ouverture et de participation, bien plus importante que celle vécue jusqu’à présent. Car la valeur produite vient du partage de la donnée, de l’ampleur et de la pertinence de sa réutilisation. Or celle-ci ne se fera pas forcément spontanément. L’acteur public va devoir jouer un rôle fort d’animation pour faire connaître les données existantes, pour inciter, soutenir, induire des réutilisations, etc. Il va aussi être en posture de réutilisateur de données produites par d’autres acteurs publics.

    Or au-delà des services qu’il rend et des droits régaliens, le service public est habituellement peu concerné par ce qui lui est extérieur. Cette tension entre une conception fermée du service public et l‘ouverture des données est significative de l’innovation de rupture, explique Laurence Monnoyer-Smith.

    Les « évangélistes  » de l'open-data affirment d'ailleurs 3 grands objectifs citoyens, rappelle Valérie Peugeot, sous-tendant des changements organisationnels clairs : l'amélioration des services publics, qui dépasseraient ainsi la logique traditionnelle de silo, le changement des rapports entre l'intérieur et l'extérieur de l'administration, et des vertus en matière de transformation de l'action publique.

     

    4 - Des besoins d’intermédiaires
    Pour un secteur associatif concerné

    Cette innovation de rupture n’épargne pas non plus le secteur associatif, qui va devoir prendre à bras le corps la problématique de l’Open Data dans toute sa complexité, dont technique. Habituellement, le numérique participe plutôt à diminuer les intermédiaires en développant des systèmes plus « horizontaux ». Dans le cas de l’Open Data, l’horizontalité exige de s’adjoindre de nouvelles compétences : journalistes-chercheurs, analystes de la donnée, statisticien, graphistes… pour analyser, trier, comprendre le sens de la donnée et du croisement de données, pour les représenter…

    L’association LiberTIC , animée par Claire Gallon à Nantes, s’est attelée depuis longtemps à créer des ponts entre des mondes qui ne se connaissent pas ; d’abord par le biais de l’insertion numérique des publics. Aujourd’hui elle accompagne les associations de l’économie sociale et solidaire sur la voie de l’Open Data.

     

    5 - Quelques pistes d’actions possibles

    Laurence Monnoyer-Smith, de l'Université Technique de Compiègne, concluait cette journée, en rappelant que si les tensions sont nombreuses, elles devront indéniablement être surmontées pour que l'open data fasse l'objet d'une appropriation par le plus grand nombre. Plusieurs propositions étaient évoquées, en écho aux échanges de la journée, pour aller dans cette direction : 

    La dimension politique des choix techniques
    La choix des licences, dans un processus d'open data n'est pas anodin, et doit faire l'objet d'une vraie réflexion ; loin d'être un aspect seulement technique, ce choix a une véritable dimension politique.

    Les différents modèles de licences ouvertes (CC-by, CC-by-SA, ou encore la licence ODBL...) sont à choisir en fonction de la finalité des projets : la licence CC-by-sa, copyleft, va ainsi permettre une redistribution presque à l'infini, et un « cercle vertueux » de la réutilisation ; la licence ODBL va elle encourager le réutilisateur à enrichir la donnée s'il la réutilise ; c'est la licence dont s'est inspirée Paris dans sa démarche d'Open Data, rappelle Jean-Philippe Clément, Chargé de mission TIC à la ville. Ces modèles devraient à priori coexister, au moins pendant quelques temps, selon Benjamin Ooghe-Tabanou de Regards Citoyens, mais confirment le rôle donné au crowdsourcing et plus globalement au citoyen dans l'open-data.

    Une définition collective des données
    Le Conseil Général de Saône-et-Loire, premier département engagé dans l'open-data (http://www.opendata71.fr/), a fait part de sa volonté de définir collectivement les données à ouvrir en instaurant un comité d'éthique, de 5 membres de la société civile ( une magistrate, un journaliste, un philosophe, un representant de l'UFC que choisir, un membre de l'INSEE,...), se réunissant régulièrement pour travailler sur des jeux de données ; il s'agit ainsi d'apporter un regard extérieur sur ces données, dans un objectif de transparence maximale. "On ne fera pas l'open-data seul", rappelait Pierre-Paul Pénillard du CG, pour expliquer ce fonctionnement. Cette définition collective des données est un véritable enjeu , permettant de déterminer les données intéressantes.

    Ce sont d'ailleurs des familles d'acteurs nouvelles qu'il est intéressant d'amener autour de la table, afin d'enrichir les données, la connaissance.

    Des actions de médiation nécessaires
    L'open-data devra faire l'objet d'un développement concerté, au-delà des comités d'éthiques déjà existants dans certaines initiatives, pour devenir un véritable enjeu citoyen. Mais pour que les citoyens, justement, s'emparent des données après leur libération, il est nécessaire d'accompagner le développement des usages, en instaurant des mesures de médiation et de connaissance. Enfin cette rencontre entre démocratie et open data ne pourra se faire que par une mise en réseau des initiatives, croisant les champs de l'open data et de la transparence, et de la démocratie participative, afin de comprendre leurs exigences et leurs traditions.

     

    La dynamique de l'open-data étant enclenchée, la question de l'appropriation par le plus grand nombre est aujourd'hui centrale. Cette thématique fera l'objet d'un groupe de travail en 2012 à la Fing...

     

  • Les perspectives 2012 du programme Innovations democraTIC

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    Par Fabienne Guibé le 14 décembre 2011
    • idemocratic

    Expérimentation avec la Mairie de Paris

    Le partenariat de la Mairie de Paris permettra d’approfondir la mise à disposition d’outils numériques pour des instances de démocratie locale comme les conseils de quartier et de conforter l’expérimentation de dispositifs de participation citoyenne hybridant le présentiel et le distanciel.


    Mise en œuvre :
        •    Rencontres et interviews des coordinateurs des conseils de quartier pour détecter les pratiques innovantes afin d’effectuer des échanges de savoirs entre les conseillers de quartier ;
        •    Participation à la réflexion de la DUCT sur l’Université Populaire de la Citoyenneté Active sur le volet de la capacitation citoyenne via le numérique à partir de la veille et des expérimentations menées par le programme Innovations democraTIC

    Expérimentation avec le Conseil Général de la Seine Saint Denis

    Le partenariat avec le Conseil Général de la Seine Saint Denis : expérimentation visant à favoriser le développement du Forum des Jeunes à partir de pratiques numériques innovantes.

    Mise en Œuvre :
        •    Expérimentation d’un dispositif « les clameurs » pour favoriser la prise de parole des Jeunes et promouvoir les actions du forum des jeunes via un usage numérique mobile
        •    Formation sur les techniques de Buzz sur internet pour faciliter la communication virale d’une instance de Jeunes.

    Expérimentation avec le Conseil Général du Val de Marne

    Le partenariat avec le Conseil Général du Val de Marne : poursuite de l’organisation de temps de rencontres entre agents et porteurs de projets innovants sur le champ de la démocratie numérique et enrichissement des expérimentations menées lors des deux premières années autour de la démocratie continue.

    Mise en œuvre : en cours de défintion

    Expérimentation avec le Conseil Général de l’Essonne

    Le partenariat avec le Conseil Général de l’Essonne : mise en relation avec des acteurs innovants avec la production d’un état des lieux des pratiques de numériques de démocratie participative afin d’accompagner des instances de démocratie participative dans l’élaboration de nouveaux outils et la diffusion de nouvelles pratiques de démocratie participative.

    Mise en œuvre :
        •    Organisation de deux workshops sur le thème de la redéfinition de la participation citoyenne au sein des conseils cantonaux, animation par un designer de services d’un groupe « pilote » composé de citoyens, associations, élus, agents. Le résultat de ces travaux donnera lieu à l’expérimentation d’une phase pilote ;
        •    Réflexion autour d’un projet de participation citoyenne existant sur la pertinence de l’introduction du numérique comme catalyseur de la participation citoyenne, le projet expérimental reste à définir.

    Restitution du programme Innovations democraTIC fin 2012

    Animation d’un temps de rencontre dont le format reste à définir sur un mode « colloque/conférence » mettant en perspective les expérimentations du programme sur une échelle plus large. Nos partenaires seront associés à cette démarche qui débutera au mois d’avril.

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8

Archive statique du réseau social de la Fing (reseau.fing.org, contenus des groupes), reconstituée à partir de la Wayback Machine. Cette page a été capturée le 27/01/2020 (voir LISEZMOI).