Imaginer l’Ecole pour tous à l’ère numérique


Veille de projets
éducatifs innovants
UTOPIE en Suisse : utilise ton ordinateur personnel intégré à l’école
Après une première période de tests, les élèves d’une classe de 5e année (10-11 ans) ont pu intégrer leur smartphone au travail scolaire. Le projet est accompagné par l’Institut pour les médias et l’école de la Haute école pédagogique du canton de Schwytz (en Suisse alémanique). Dans un état d’esprit proche, le projet iGYB développé au Gymnase intercantonal de la Broye (un lycée à Payerne, Suisse) propose d’intégrer la machine informatique de l’élève au travail scolaire. Ce type de projet est encore très rare à large échelle dans les écoles publiques en Suisse.
Ces divers projets ont pour point commun une approche pragmatique des changements en cours. Il s’agit de constater les évolutions majeures de nos sociétés suite à la diffusion des moyens informatiques et la démocratisation de l’accès au réseau. Dans ce contexte, l’école n’a d’autres choix que d’évoluer dans ses pratiques, tout en gardant une distance critique par rapport à l’usage des moyens technologiques.
Le projet de Goldau note par exemple qu’il arrive aux élèves d’utiliser le smartphone pour « s’évader » un moment du cours. La connexion permanente avec l’extérieur représente une tentation et une distraction potentielles. Pourtant les projets présentés assument cet élément a priori négatif comme une occasion de formation. En effet, il permet aux élèves de développer un regard critique sur la technologie, reconnaissant tout ce qu’elle peut apporter à leurs apprentissages mais aussi les risques ou les dérives potentielles de ces nouveaux usages.
Dans de tels projets, les usages scolaires de l’outil informatique sont protéiformes et sporadiques, selon les besoins pédagogiques de l’enseignant et les modes de travail de l’élève ; la machine est à disposition chaque fois qu’elle fait sens, comme un outil supplémentaire. Dans les classes de 5e année, les initiateurs parlent d’une utilisation de l’outil informatique en complément des pratiques usuelles pour 10 à 15% du temps de classe. Cela demeure modeste… et pourtant significatif.
La majeure partie des usages se borne à transposer des manières de faire déjà existantes en tirant profit de l’outil informatique :
L’expérience montre cependant qu’il existe aussi un potentiel de modification des usages scolaires induit par le recours possible en permanence à la machine de l’élève :
Sources :
site web : http:/
Reportage : http:/
En quoi ce projet est-il particulièrement innovant ?
De nombreux projets sont concentrés sur les apports des nouvelles technologies à la formation. Si cela est bien une réalité, on trouve aussi des détracteurs de ce mouvement d’intégration. Des projets pragmatiques de ce type ont pour avantage de ne pas prendre parti de manière idéologique ou théorique. Ils constatent les évolutions actuelles et les assument, tout en conservant une distance critique. Ils reposent sur la conviction que la meilleure formation est celle qui permet de faire son chemin dans la société telle qu’elle est… toute imparfaite qu’elle soit et sans perdre son regard critique. Le cœur d’un tel projet devient donc la question du rapport de l’école au monde qui l’entoure plutôt que celui de l’école à la technologie
Qu’est-ce que le projet change dans l’expérience vécue des élèves ?
Les élèves découvrent des utilisations plus « professionnelles » de l’informatique. Ils sont souvent très habiles pour l’informatique de consommation et de loisir. Prendre au sérieux leur responsabilité d’élève lorsque la formation nécessite l’usage de l’informatique aboutit à des ajustements et à l’apprentissage de nouvelles stratégies face au « monde connecté ». Un apprentissage du futur qu’ils devront construire après l’école.
Qu’est-ce que le projet change dans l’expérience vécue des enseignants ?
Le fait que la machine soit celle de l’élève lève une crainte des enseignants. Ils ne doivent pas se porter garant du fonctionnement de l’ordinateur de chacun de leurs élèves ; les élèves prennent cette responsabilité au sérieux puisque c’est leur machine.
D’autre part, les enseignants peuvent bénéficier des apports de l’outil en classe ; mais l’approche pragmatique leur ôte le poids de la performance immédiate. Le projet n’a pas été présenté aux parents ou aux décideurs comme un catalyseur de résultats scolaires. Il vise en premier lieu à prendre le pouls de changements sociaux importants. Il permet d’apporter aux élèves à la fois de l’aisance et un regard critique sur ces évolutions technologiques qui modifient notre quotidien.
Qu’est-ce que le projet change dans l’expérience vécue d’autres acteurs (lesquels) ?
Le débat est trop souvent passionné lorsqu’on parle de nouvelles technologies. Face aux enthousiastes, il faut rappeler que les grandes firmes informatiques ne pensent pas leurs nouvelles gammes pour rendre service aux pédagogues. A l’inverse, en regard des plus conservateurs, il vaut la peine de constater qu’interdire toute technologie à l’école revient à se priver de tout discours critique au sujet de ses dérives possibles. Des projets pragmatiques comme ceux présentés permettent de renvoyer dos à dos ces positionnements idéologiques.
Vous devez vous identifier pour ajouter un commentaire.
Veuillez vous identifier, ou .
Conception & réalisation : Facyla ~ Items International
Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8