ShaREvolution

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En 2014, la Fing et Ouishare s’unissent dans un projet-de R&D collective aux frontières de l’économie du partage-et de la consommation collaborative : ShaREvolution.


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Consommation collaborative et enjeux environnementaux 2/2

Consommation collaborative et enjeux environnementaux 2/2

Par Marine Albarede dans le groupe ShaREvolution le 17 octobre 2014
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Nous organisions le 1er octobre un atelier sur “la consommation collaborative et l’environnement”, dans les locaux de La Poste.

La seconde partie de cette atelier a consisté à travailler en petits groupes plusieurs "grands défis environnementaux", en se demandant comment le potentiel de la consommation collaborative peut être exploité pour y répondre.

Diminuer les effets rebonds, et éduquer aux enjeux environnementaux

L'effet rebond est un véritable enjeu pour la consommation collaborative, mais il ne lui est pas pour autant propre. Dans tous les cas, sa réduction ira de pair avec une évolution des comportements, et donc une sensibilisation aux enjeux environnementaux.

Pour certains services, l'effet rebond est important, et l'on peut seulement tenter de le minimiser. C'est le cas avec Airbnb, qui peut permettre aux gens de plus voyager plus compte tenu d'un prix plus bas... et donc prennent souvent plus l'avion. Diminuer cet effet rebond pourrait passer par une articulation maligne avec d’autres services locaux de la conso collaborative, notamment sur les transports pour se rendre à sa location. Mais il faudrait qu'AirBnb soit proactif sur le sujet,  à minima en intégrant de l’information sur son app, en se branchant sur des systèmes d’évaluation CO2 (dont celui de l’Ademe), afin d’informer les utilisateurs des différents modes de transport à disposition pour se rendre sur place, et les émissions correspondantes. Et en allant plus loin, en mettant en place de véritables incitations (primes sous forme de bonds, etc.). Des hôtes pourraient aussi être mis en avant lorsqu’ils sont “durables”.

Pour d'autres services, l’effet rebond est différent. Par exemple, pour des services de covoiturage tels BlaBlaCar, l'effet rebond principal consiste en la hausse des déplacements en voiture ; mais il pourrait aussi, à l'instar d'Airbnb, s’agir d’un gain de pouvoir d’achat qui sera réaffecté sur d’autres postes moins éco-friendly. Pour qu'il soit plus "durable", un tel service pourrait être couplé avec d’autres services liés aux déplacements de longue distance , afin de mettre en oeuvre une intermodalité moins polluante (un moteur de recherche qui propose de faire un bout du trajet avec Blablacar, un bout avec des vélos partagés, etc….). C'est aussi du côté des véhicules eux-mêmes que pourrait se trouver la solution... si la plateforme accordait des primes, sous forme de bonds, etc. aux conducteurs moins pollueurs (tout en évitant la forme monétaire sur ces primes, afin d’éviter que le gain ne se reporte trop sur d’autres biens ou services peu durables). Le remplissage des véhicules est lui aussi à regarder ; des tarifs degressifs en fonction du remplissage par exemple, pourraient être imaginés, incitant à remplir les véhicules.

Les services collaboratifs n'ont pas toujours d’effet rebond visible : la Ruche qui dit Oui ! par exemple (ou à plus forte raison les Amaps) engagent des consommateurs souvent déjà sensibilisés aux problématiques du “consommer local et de saison”. Il existe cependant sans doute un effet rebond induit, à rechercher du côté du gaspillage de produits que l'on ne sait/ne veut pas cuisiner. Peut-être plus anecdotiques, les solutions pourraient être à chercher du côté d'une sensibilisation à l'utilisation des produits, mais aussi du côté d'une logistique plus durable (on sait que le bilan environnemental des circuits courts n'est pas toujours positif en ce qui concerne la logistique).

Maintenir ou accroître la biodiversité

Ce défi n'est pas le plus simple à résoudre via la consommation collaborative. Certains services peuvent néanmoins contribuer à y répondre. C'est le cas des services type Amap ou Ruche qui dit Oui ! , à condition :

  • Que les produits soient bios et issus de cultures privilégiant des méthodes de renouvellement des sols écologiques
  • De ne pas utiliser pour les récoltes des terres types forêts, jachères : déterminer les espaces à cultiver et à ne pas cultiver
  • Que les consommateurs en sachent plus sur les origines des produits, du type d’espace où ils ont été récoltés.
  • Des partenariats entre botanistes et agriculteurs soient mis en place pour pousser vers des modes de culture plus respectueux de la biodiversité, éventuellement en s'appuyant sur des capteurs.

Inventer de nouveaux indicateurs "durables"

Deux projets fictifs ont été travaillés durant cet atelier, proposant de croiser les différentes données produites par les multiples pratiques collaboratives avec les indicateurs classiques (marchabilité, accessibilité, bien-être, sécurité, etc.). Ce croisement permettrait une meilleure connaissance pour les collectivités de la perception des habitants de certains territoires, basées sur des pratiques quotidiennes. Capteurs et enregistrement anonymes et sécurisés de données possèdent en effet un potentiel important, encore largement sous-exploité dans l’économie collaborative. À l’heure où bon nombre d’études ou diagnostics représentent un coût de plus en plus important pour les acteurs publics (enquête déplacement domicile-travail en tête), ces indicateurs “collaboratifs” pourraient apporter une connaissance et une aide à la décision non négligeable pour les collectivités. Il est ici souhaité que ces indicateurs puissent à la fois outiller l’acteur public, dans un objectif d’amélioration de ses politiques publiques, mais aussi les citoyens eux-mêmes dans un esprit de capacitation. Mise en relation, lien social, mise à disposition d’informations utiles à l’engagement ou à la création de services, etc. Si les données que produisent usagers et citoyens sont utilisées par les acteurs urbains, il est alors indispensable qu’elles leur soient aussi librement accessibles dans un esprit de retour des données (ex : MesInfos et InfoLab).

Les services travaillés : Servimarchabilité  et (M)waze Infos (à retrouver sur le CR complet)  

Optimiser le cycle de vie des produits

Diminuer les impacts environnementaux négatifs liés au cycle de vie des produits est un véritable enjeu, auquel la consommation collaborative se propose souvent de répondre en privilégiant l'usage sur la propriété, et en favorisant le recyclage, la réparation, etc. dans certains de ses modèles.

Mais bien évidemment, cela dépend du service auquel on s'intéresse... Peerby, qui favorise le prêt de biens de proximité est de ce point-là assez vertueux, à condition que les objets soient durables et peu "usables", robustes, réparables... (ce qui suppose aussi de penser dans le même temps des lieux pour réparer). Il faudrait aussi, pour qu'il réponde pleinement à ce défi : 

  • Rendre les biens recyclables ou permettre à d’autres de le faire en fin d'usage. Par exemple établir des passerelles avec des associations de recyclage comme Emmaus
  • Bannir les objets “energivores” de la plateforme. Par exemple, pouvoir afficher le prix et la consommation d’énergie ainsi que les coûts de transport pour accéder aux biens.
  • A terme penser dès la conception des objets pour la réparabilité, pour qu’ils durent longtemps; cela implique de pouvoir ouvrir les objets, d’avoir accès à sa documentation mais également à tous les informations autour de l’objet (cf la Piste "aura numérique des objets", du programme ReFaire de la Fing). 

Le défi “optimiser le cycle de vie des objets” répond également à des défis pédagogiques : sensibiliser les utlisateurs à l’environnement, à la consommation d’énergier mais également former les gens à la réparation plutôt que de recycler (cf. manifeste de makers “stop recycling, repair it”).

Si l'on s'intéresse à un autre type de service, Instacart,  l’optimisation du cycle de vie des objets dans ce cas concerne l’optimisation du transport, de la logistique, etc. Et donc la réponse au défi du cycle de vie des objets pourrait passer par une mutualisation des courses, un élargissement des livraisons à domicile de ses courses à la reprise d'objets à réparer ou à recycler, etc. 

 

Merci à tous les participants de cet atelier, qui nous ouvre des pistes intéressantes pour la suite du programme ! 

 

Marine Albarede

Chef de projet à la Fing - En quelques mots, ville "allégée", innovation numérique et urbaine, habita(n)ts connectés, data, données personnelles...
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