ShaREvolution

ShaREvolution

En 2014, la Fing et Ouishare s’unissent dans un projet-de R&D collective aux frontières de l’économie du partage-et de la consommation collaborative : ShaREvolution.


Archives

  • Novembre
  • Octobre
  • Septembre 2014
  • Juillet 2014
  • Mai 2014
  • Avril 2014
  • Mars 2014
  • Février 2014

Blog de ShaREvolution

  • Dans le cadre de l’expédition ShaREvolution, en avril 2014, nous avons demandé à différents chercheurs de nous présenter leurs travaux de recherche faisant écho à la consommation collaborative et aux questions qu’elle pose. Aujourd'hui, un billet un peu à part, avec la présentation de trois chantiers menés sur le sujet de la consommation collaborative, par Orange, le Groupe Chronos et la Fing et OuiShare.

     

    ShaREvolution : quelques éléments d'analyse sur l'offre dans la consommation collaborative

    OuiShare et la Fing ont présenté le 16 avril les premières analyses du travail en cours sur la cartographie de l’offre, précisant l’approche adoptée dans ShaREvolution : un projet qui se centre clairement sur la consommation collaborative (en s’approchant de la définition récemment proposée par Rachel Botsman), mais s’intéressera aussi à un certain nombre de pratiques connexes.

     

    Aux côtés d’une vraie cartographie, OuiShare a entamé dans le cadre de l’expédition un travail d’analyse par secteur, en s’intéressant aux tendances et aux trajectoires : quels sont les acteurs de référence, aujourd’hui ? Que voit-on arriver, quels signaux faibles, quels seront les acteurs clé demain ? Et quels sont les modèles qui n’ont pas marché, ou pas encore marché ?

    La mobilité est un exemple assez parlant ; aux côtés d’un acteur « historique », Zipcar, est venu se positionner un acteur emblématique proposant du covoiturage, Blablacar, alors que l’on voit émerger le covoiturage dynamique, tel que proposé par Lyft. Mais ce n’est pas tout, des évolutions technologiques pourraient faire évoluer les véhicules eux-mêmes, et la fourniture de services associés.

    image

    De telles analyses ont été produites autour du logement, de l’alimentation, des biens (objets et équipements) et des services (jobbing, partage de compétences, etc).

     

    Au cours de ce travail de veille et de recensement, plusieurs modèles économiques ont été rencontrés, dont voici les principaux : 

    • Service Fee (ex: Airbnb, Blablacar, Drivy, ...)
    • Premium Features (ex: Netcycler, LeBonCoin)
    • Subscription (ex: Knok, Autolib, ...)
    • Re-sale with a profit (ex: Videdressing)
    • White label (ex: Sharewizz, early days Blablacar)
    • Partnerships (ex: Peerby, Pretachanger)
    • Advertising
    • Autres modèles

    Vous pourrez retrouver le travail en cours dans les semaines qui viennent.

     

    Orange Labs, analyser les modèles de la consommation collaborative

    Orange Labs mène également actuellement un travail riche et stimulant autour de l’analyse des modèles existants, dans la consommation collaborative. L’approche proposée s’éloigne volontairement de visions normatives, notamment d’un ensemble de discours autour des intentions des acteurs de la consommation collaboratives, ou encore des motivations des individus engagés dans ces modèles.

    Au moins deux éléments interrogent, et fondent l’intérêt de conduire un tel défrichage aujourd’hui : une véritable rupture par rapport à l’économie sociale et solidaire, malgré des proximités certaines, apportée par le numérique, et l’organisation de nouvelles intermédiations entre offreurs et demandeurs.

    Le chantier propose un ensemble de critères d’analyse des modèles de la consommation collaborative (uniquement C2C dans cette approche), appliqués à un grand nombre d’exemples. Parmi ceux-ci, deux permettent de construire une véritable grille d’analyse, et de cartographier les exemples en fonction :

    • Des transactions entre offreurs et demandeurs, monétaires ou non
    • De ce qu’ils proposent : des services ou des biens, plus ou moins « home made » ou industriels pour ces derniers

    Cette première grille permet déjà de tirer quelques enseignements : sans surprise, la majorité des acteurs se retrouvent dans la proposition de services, et dans la monétarisation des transactions ; néanmoins des acteurs importants de la consommation collaborative se retrouvent ailleurs.
    A ce stade, il est sans doute essentiel (comme dans le cas de ShaREvolution), de conserver dans le panorama ce qui est aux limites de la consommation collaborative : ce qui ressort du « pré-numérique », les services B2C, un certain nombres d’exemple difficile à cartographier (Colunching, Ruche qui dit Oui !, ..), etc.

    A partir de cette cartographie, il est possible de croiser une série d’autres critères :

    • Le discours porté par les acteurs, se revendiquant ou non de l’économie collaborative. L’évolution des discours à travers le temps (LeBonCoin commençant tout juste à se revendiquer comme tel par exemple, les sites comme AirBnB gommant progressivement leur discours consommation collaborative) mériterait une analyse à part.
    • L’ancienneté des services, la majorité ayant vu le jour entre 2008 et 2014
    • Les modèles économiques (essentiellement dons, freemium + publicité, commission ou abonnement), qui révèlent une tendance vers l’économie servicielle, en rupture avec l’économie de l’attention
    • Les promesses portées par les services : nouvelles sociabilités (notamment en lien avec les proximités ou non), durabilité, gain d’argent, nouvelles économies et bons plans
    • La gestion de la confiance et de la réputation

    Du côté de l’analyse de l’offre, une première recherche montre la difficulté à disposer d’informations fiables sur le chiffre d’affaires des entreprises concernées.
    Au-delà de la cartographie, le chantier de recherche s'intéresse à plusieurs objets : quel est le rôle de la technologie dans l’échange (dans une approche inspirée des travaux de Latour et Callon) ? Comment la plateforme participe-t-elle à construire les motivations des utilisateurs ? Comment et jusqu’où la plateforme décharge l’utilisateur de certaines tâches, quel rôle joue-t-elle dans la construction des sociabilités ? Le rôle de la dimension territoriale sera aussi au coeur de la recherche, qui se poursuivra dans les mois à venir, du côté de l'offre comme de celui des usages.

     

    La place des communautés dans la fabrique des services collaboratifs, étude de Chronos

    Le Groupe Chronos (représenté le 16 avril par Bruno Marzloff) conduit une réflexion sur la cité des services et la gouvernance, et s'est dans ce cadre intéressé à la place des services collaboratifs dans la massification des services.

    Cette étude conduite par Chronos et achevée en 2013, (téléchargeable ici ) propose un référentiel autour des communautés qui proposent ces services, à travers une monographie de 8 exemples. L’économie collaborative apparaît comme un fait social qui bouscule le jeu des acteurs, par le poids des communautés, qui précèdent les entreprises et les acteurs publics. Bruno Marzloff posait alors des questions qui restent ouvertes : Quelle est la place de la puissance publique là dedans? Les acteurs classiques sont tous en embuscade en attendant de voir et comprendre ce que sont ces communautés... Quel est le positionnement des acteurs traditionnels ? L’ensemble des acteurs sont tous positionnés sur la partie des « dépendances » alors qu’il faudrait regarder du côté des « intelligences »....

    Le sociologique, devant l'économique

    Ce phénomène autour des communautés place le « sociologique » devant l’économique : « la communauté court plus vite » dit Bruno Marzloff. Il y a selon lui une réaction de survie, par rapport à l’inertie politique. Ce phénomène remet l’initiative économique entre les mains de la société civile, qui perçoit les limites des modèles d’hier. L’économique rejoint le sociologique quand il s’agit de s’intéresser à l’économie du partage, pour réfléchir par exemple à la vision de la voiture et son évolution.

    Pour Bruno Marzloff, le discours de ces communautés est à rapprocher du discours de la décroissance, ou en tout cas de la déflation : « Ce qui m’intéresse dans ce mouvement des communautés, ce qu’elles produisent est à l’inverse du modèle industriel de croissance ». Dans le schéma classique, d’une productivité basée sur la croissance, on a inventé le fordisme, le taylorisme... On a fabriqué aussi des voitures solistes alors que ces voitures représentent 1% de productivité en terme de consommation de la voiture ! Or ce que ces communautés fabriquent est l’exact contraire de ce que la pensée économique et industrielle produit depuis des années…Pparviendront-elles à réellement produire de nouveaux modèles ? En tout cas, il se passe quelque chose d’assez neuf que les gens inventent, qui pourrait bien entraîner un cercle vertueux, entraînant lui-même des changements beaucoup plus conséquents.

    Zoom sur l’étude produite par Chronos

    L’étude de Chronos autour des communautés propose donc un référentiel s’appuyant sur 3 critères d’analyse majeurs, chacun déclinés en 2 items :

    La fréquence et l’intensité des liens :

    • liens forts / liens faibles 
    • sélectivité

    La mobilisation du numérique dans l’inscription territoriale :

    • l’animation (articulation on-line /off-line) 
    • l’ancrage sur territoire (et son échelle)

    L’implication des usagers dans la fabrique des services : 

    • L’adaptabilité, la flexibilité du service 
    • Les modes de gouvernance des services

    Ce travail ne fait, comme le précise Bruno Marzloff, qu’un bout du chemin pour découvrir ce que sont les communautés, et ouvre la porte à bien d’autres analyses et travaux !

    image

     

    Ces trois chantiers sont loin d'être les seuls menés actuellement sur le sujet ; la session "Recherche" organisée durant le OuiShare Fest mettait ainsi les projecteurs sur 7 projets, avant d'encourager les échanges (d'idées, de pistes de collaboration et de complémentarité, de data, de savoirs!).

  • Les résistances des consommateurs, un défi pour la consommation collaborative ?

    • Télécharger en PDF
    Par Marine Albarede le 19 mai 2014
    • recherche
    • article
    • sharevolution

    Dans le cadre de l’expédition ShaREvolution, en avril 2014, nous avons demandé à différents chercheurs de nous présenter leurs travaux de recherche faisant écho à la consommation collaborative et aux questions qu’elle pose. Suite de notre série d'éclairages, avec les apports de Stefano Pace, de la Kedge Business School, sur le thème des résistances des consommateurs. 

    L'essor de la consommation collaborative est un phénomène qui intrigue et passionne, sans que l'on ne sache réellement si elle restera une niche ou si elle a vocation à devenir un nouveau paradigme. Pas une semaine ne passe sans qu'une étude ne publie ses résultats sur les motivations des individus et leurs usages... Mais peu s'appesantissent sur leurs trajectoires d'usages ou encore leurs résistances.

    Le développement de la consommation collaborative ne doit pourtant pas masquer un certain nombre de résistances de la part des consommateurs, à la fois économiques, sociologiques, anthropologiques,... nous dit Stefano Pace.

    Un des principaux freins est anthropologique, explique le chercheur : l’attachement à la possession est extrêmement fort dans nos sociétés, et il est extrêmement difficile de partager des objets qui sont comme une extension de soi.
    Un deuxième frein important est dû à la relation à la plateforme, et à l’engagement de soi sur ces plateformes. Y prendre part nécessite d’engager mes données, mes savoirs, mes biens, mes ressources… faisant de l’individu un véritable contributeur, entraînant un flou mais également un certain nombre de risques autour du « working consumer ». Qu'est-ce qui est fait des données des contributeurs ? Ces contributions appellent-elles rétribution ? Quelle protection, quel statut pour ces nouveaux contributeurs ? 

     

    Surmonter les freins de la consommation collaborative

    Comment surmonter ces freins ? Premier élément à noter, les marques s’emparent de façon progressive de ces modèles de partage, et en les intégrant, pourraient réduire les résistances. La consommation collaborative devient mainstream... Mais est-on encore vraiment dans de l'économie collaborative dans ce cas ? 
    Deuxième piste à creuser, celle de l’économie circulaire : impliquant un autre rapport aux biens et aux services, elle pourrait être une vraie piste pour le développement du partage. En demandant la collaboration active des consommateurs, qui acceptent dans ce cas de nouvelles relations aux biens (de la possession à l'usage), elle peut être un vrai levier du passage de l’économie de la possession à celle de l’usage, nous dit Stefano Pace. 

    Ces deux pistes sont intéressantes, mais comment les mettre en oeuvre, comment les accélérer ? Le format bref de l'intervention (10min) ne nous a pas permis d'en savoir beaucoup plus, ce qui laisse le champ ouvert. Si la consommation collaborative devient "mainstream", ne risque-t-elle pas de perdre ses spécificités ? Comment stimuler le passage à une économie circulaire, qui elle-même peine à passer à l'échelle ? On aurait envie d'aller plus loin sur le sujet, toujours est-il que cette intervention nous rappelle une des tensions présentes dans la consommation collaborative : celle-ci va-t-elle tendre progressivement vers un modèle économique plus classique ou devenir réellement ce nouveau paradigme dont elle fait la promesse ? 

     

    En savoir plus 

    Fleura Bardhi, Giana M. Eckhardt. 2012. Access-Based Consumption: The Case of Car Sharing, Journal of Consumer Research 39(4), 881-898.
    Russell W. Belk, 2010. Sharing. Journal of Consumer Research 36(February), 715–34
    Sur l’économie de la fonctionnalité / circulaire : La Fondation Ellen Mac Athur http://www.ellenmacarthurfoundation.org/

  • Qu’est-ce qu’une communauté ? Eclairages de la recherche

    Par Marine Albarede le 16 mai 2014
    • sharevolution
    • article
    • fing_recherche

    Dans le cadre de l’expédition ShaREvolution, en avril 2014, nous avons demandé à différents chercheurs de nous présenter leurs travaux de recherche faisant écho à la consommation collaborative et aux questions qu’elle pose. Cet article présente la réflexion de chercheurs sur le thème des communautés. Quel véritable pouvoir ont-elles ? S’apparentent-elles à des formes d’émancipation, de mise en capacité ? Quels appareillements nécessitent-elles pour les individus ?

    image

    Nicolas Auray, sociologue à Telecom Paristech, s’intéresse aux questions de partage de la connaissance par les communautés, telle que Wikipédia. Il distingue trois dimensions, trois fonctions :

    • la démocratisation de la production de connaissances ;
    • l’appropriation des savoirs ;
    • l’émancipation.

    Ces 3 dimensions ne sont pas forcément liées ; il peut y avoir production distribuée de connaissances, mais pas forcément appropriation collective des savoirs. L’accès démocratique aux savoirs ne suppose pas non plus émancipation.

    Nicolas Auray, dans son intervention, nous livre son analyse sur le partage des connaissances et sur l’émancipation.

     

    Comment la démocratisation et l'empowerment interrogent la formation des communautés de l'économie collaborative

    La démocratisation se traduit par la présence d’amateurs et de non-spécialistes d’une discipline, par exemple dans la science. La collaboration entre professionnels et amateurs scientifiques ont abouti à des transformations politiques, modifiant parfois l’agenda de la recherche.

    Il existe toute une littérature qui traite de la structure du dialogue entre personnes ayant des positions différentes, plus ou moins expertes ou “amateurs”, n’ayant pas les mêmes contraintes dans la discussion. Ces travaux ont mis en évidence l’intérêt de s’appuyer sur des savoirs vernaculaires, ancrés localement, pour percuter avec des savoirs experts : le sociologue américain Phil Brown, évoque dès les années 1980 une “épidémiologie populaire”, processus par lequel des citoyens collectent eux-mêmes des données et mobilisent des connaissances scientifiques pour comprendre la distribution et les causes d’une maladie, par exemple dans le cas des riverains d’un site toxique. De cette démocratisation de la connaissance (1) a émergé un nouveau modèle communautaire hybride, intermédiaire entre le marché et le don : le modèle de la contribution, qui s’appuie sur certaines des caractéristiques du don (non-rémunération, principe de générosité généralisé, refus de la bureaucratie, mais aussi la réduction de l‘individu à un groupe de partage - cf Alcooliques anonymes) mais repose aussi sur certaines caractéristiques proches du modèle de l’entreprise : par exemple, une vraie importance est données aux normes d’excellence dans la fabrication des produits.

    Au-delà de la démocratisation des savoirs via les communautés, se trouve un ensemble de travaux sur l’empowerment (la distribution de capacités) au sein des communautés, notamment l’Ecole de sociologie de Louvain avec Fabrice Cantelli. Internet est décrit comme outil d’empowerment des usagers, pour plusieurs raisons :

    • Internet permet une habilitation cognitive (une expertise qui permet de nourrir une discussion),
    • Internet amène de nouvelles capacités de prise de décision
    • Internet permet l’inclusion sociale des individus (le « scaffolding », inclure socialement quelqu’un qui a un savoir proche du sien).

    Reste que cette capacitation est toujours à l’origine d’une tension dans son rapport aux pouvoirs publics, qui la récupèrent souvent(3)… Ces notions d’« empowerment » et de démocratisation datent d’avant le numérique, en particulier avec des exemples d’émancipation de femmes pauvres en Inde ou dans d’autres pays ; le Consciousness raising, mouvement radical américain en réaction à la politique libérale de la ville dans les années 70 avec l’émancipation des femmes noires (« Black empowerment », Barbara Solomon).

    Pour Nicolas Auray, le survol de la question de la démocratisation et de l'empowerment des communautés permet de questionner la consommation collaborative, sur deux aspects a minima :

    • Les communautés de la consommation collaborative, qui sont des communautés numériques, se rapprochent-elles des communautés en ligne ? S’agit-il de vraies communautés et sociabilités, ou sont-elles des communautés beaucoup plus utilitaires ?
    • Y a-t-il réellement une dimension émancipatrice dans la consommation collaborative ? Est-on en présence de dispositifs qui favorisent réellement un pair à pair très fort, ou reste-t-on dans un Business as Usual ?

     

    image


    Que fait le numérique aux communautés ?

    Nicolas Jullien, économiste et enseignant-chercheur au département Logique des usages et sciences sociales et sciences de l’information (Lussi) à Telecom Bretagne et membre du Gis M@rsouin, s’intéresse également aux communautés de production de connaissance, notamment au parcours des personnes qui s’impliquent dans les communautés, et à la façon dont les individus se découvrent des talents, des compétences, de nouvelles motivations quand ils interagissent avec ces communautés (il a notamment travaillé sur les communautés du logiciel libre et de Wikipédia).

    Là encore, il existe différents types d’approches autour de ces sujets, autour de la notion de plateformes (autour de grandes théories économiques) comme autour de la notion d’appareillement (ce sont des communautés appareillées, qui sont là pour produire).

    Les communautés existaient avant le numérique, on peut donc s’interroger sur ce que celui-ci change, fait mieux, moins bien… Deux formes de communautés se sont beaucoup développées depuis les années 1980, et surtout à partir des années 1990 avec internet :

    • Des communautés de production de connaissance, qui ont un but productif. Tout le monde peut participer, mais les gens sont sélectionnés en fonction de leur connaissance, de ce qu’ils sont capables d’apporter, etc. Ces communautés épistémiques donnent une valeur aux personnes, s’il y a production à la fin, à l'image de Wikipédia.
    • Des communautés de pratiques, où les gens sont là pour échanger sur ce qu’ils font, la manière dont ils le font. Dans ce cas, chacun va apporter un bout de connaissance, on assiste à une co-construction de pratiques collectives, qui va formaliser les communautés. Il y a production mais aussi mise à niveau des personnes qui participent à l'image des communautés de malades comme Patients Like Me.


    L’accès à ces communautés est facile, mais dans les faits, seulement une minorité seulement contribue ; ce sont donc des communautés très asymétriques, où les contributeurs ont un capital culturel très important. Néanmoins, les contributeurs et utilisateurs sont mélangés : on va investir sur la communauté car on aura un retour sur investissement intéressant. Au fur et à mesure de la participation à la communauté, d’autres rémunérations, d’autres intérêts verront le jour : de nouvelles sociabilités, des compétences acquises qui pourront être valorisées dans le marché du travail où ailleurs, etc.


    Quel lien ces connaissances sur le fonctionnement des communautés peuvent-elles apporter aux communautés de la consommation collaborative ?

    L’exemple des communautés de connaissances montre qu'elles ont tendance à favoriser la spécialisation des participants. Appliquée aux plateformes d'offres de services, comme celles d'hébergement, est-ce à dire que nous allons-nous vers des plateformes duales, avec d’un côté les utilisateurs et de l’autre les offreurs ? Ou est-ce que le local, le territoire va jouer un rôle, et que les demandeurs pourront se mêler aux offreurs ?

    Des questions se posent aussi en termes d’appareillement : les plateformes de la consommation collaborative ne sont peut-être pas si éloignées que cela des grosses plateformes du type Google, même si on n’est plus dans une économie de l’audience, explique Nicolas Jullien. Ce sont toujours des plateformes bifaces, qui mettent en relation 2 types de populations ; ainsi, sont-elles vraiment meilleures pour appareiller les personnes avec des demandes de services ?

     

    La consommation collaborative : utilitariste ?

    Quelles conséquences pour la consommation collaborative ?
    Nous avons l’habitude de trouver des réponses rapides aux problèmes, la recherche a un coût : même dans la consommation collaborative, on aura probablement un phénomène classique, où les choses les plus cotées vont être les plus désirées, et les autres seront éliminées (phénomène de longue traîne). Le risque est, comme avec les autres plateformes, d’avoir un renforcement de la concentration, une attraction vers des services qui iront au « top » , et ne répartiront pas vers la population l’ensemble des services.

    Il est probable que l’on assiste à une amélioration des échanges entre les individus, une diminution du coût d’utilisation de nombreux services, mais il n’est pas certain que du côté des individus, en termes d’émancipation et d’appareillage, cela outille réellement des choses, et cela redonne véritablement du "pouvoir d'agir".

    D’autres questions restent encore à explorer autour de ces sujets : qu’est-ce que ces formes de communautés produisent vraiment sur la société ? Et quelles sont / seront leurs interactions avec des choses (dont d’autres communautés) pré-numériques ?

    Ce que nous disent ces chercheurs, en réinterrogeant les communautés dans la consommation collaborative, c’est au moins deux choses. D’une part, il n’est pas sûr que la prégnance de ces communautés change la façon de consommer. D’autre part, il n’est pas non plus certain que cela soit vraiment des communautés de lien, mais peut-être plus des communautés utilitaires.

    Ces enseignements sont précieux pour notre réflexion sur l’évolution de la consommation collaborative ; ils nous indiquent qu’à rebours d’une vision idéalisée de la consommation collaborative, dont l’imaginaire autour du lien social est extrêmement fort, et qui aurait de véritables capacités transformatrices, il convient d’être prudent, si l’on souhaite que ces deux aspects ne soient pas uniquement des éléments de discours, et si l’on souhaite sortir du “business as usual”, dont l'économie du partage pourrait n’être (si nous ne prenons pas garde) qu'une forme nouvelle, qu'une évolution.

     

    Véronique Routin & Marine Albarede

    ///////////

     

    (1) voir aussi les ouvrages du Centre de sociologie de l'innovation de l'Ecole des Mines (CSI), notamment Agir dans un monde incertain (Callon, Lascoumes, Barthe, 2001)

    (2) Voir l’ouvrage de Marie-Hélène Bacqué, L’empowerment, une pratique émancipatrice, qui retrace l’histoire des multiples variantes de l’empowerment, http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_empowerment__une_pratique_emancipatrice-9782707167330.html

  • La consommation collaborative en questions

    Par Marine Albarede le 8 avril 2014
    • atelier
    • sharevolution

    L'expédition ShaREvolution mène un travail exploratoire avec la recherche et des acteurs “de terrain” concernés par la consommation collaborative depuis le mois de janvier...

    Ces premiers mois ont permis de faire émerger ou de rassembler un certain nombre de questions. L'atelier organisé le 19 mars 2014 autour des “questions et incertitudes de la consommation collaborative”, rassemblait d'ailleurs une trentaine de participants (acteurs publics, entreprises et acteurs de la consommation collaborative...) à cette fin, et afin de commencer à en instruire quelques unes (billets à venir sur celles qui ont été approfondies...).

    N'hésitez pas à contribuer, à nous informer sur des travaux d'acteurs sur certaines questions, des références d'articles, de personnes qui travaillent certaines questions !
    Vous pouvez aussi commenter chacune de ces questions dans le détail sur ce document google partagé.

     

    IMPACT ECONOMIQUE
    - Comment mesurer l’impact économique ? (ex: croissance, emplois)
    - La conso collaborative crée-t-elle plus d’emplois / de valeur partagée qu’elle n’en détruit ?
    - Peut-on reformaliser (fiscaliser) une économie qui redevient informelle ?

    IMPACT ENVIRONNEMENTAL
    - La consommation collaborative est-elle une consommation sobre ou tend-elle vers l’hyper-consommation?
    - La consommation collaborative favorise-telle l’effet rebond ?
    - La consommation collaborative est-elle soluble dans la transition écologique ?

    IMPACT SOCIAL & SOLIDARITE
    - Vers monde plus solidaire ou une monétisation des solidarités ?
    - La consommation collaborative est-elle un chemin vers plus de sociabilités ?
    - Un risque que cela génère/renforce inégalités ? (cf. tarifs Uber & co) + Est-ce une économie de rente (Airbnb)?
    - Comment démocratiser ces pratiques ? Existe-t-il une fracture collaborative ?
    - Empowerment : en quoi ces modèles donnent un pouvoir d’agir ? ( des opportunités économiques + lien social + participation démocratique )

    IMPACT TERRITORIAL
    - Quelles transformations urbaines dues à la consommation collaborative : infrastructure : tiers-lieux, cohousing, voies de circulation (+ qui paie la transformation de ces infrastructures si elles sont partagées ? ex: voies)
    - Quelles transformations envisager pour faciliter le partage ?
    - Quelle transformation de la conception de l’urbain : des processus de conception participatifs ?
    - Quel rôle des lieux, quel lien entre lieux et plateformes numériques?
    - Quel rôle des politiques publiques locales ?
    - Quel rôles des écosystèmes territoriaux / quelle transformation des écosystèmes ?
    - Peut-on atteindre une masse critique sur un territoire ?

    IMPACT SOCIETAL / MODELE DE SOCIETE / VISION SYSTEMIQUE
    - Est-ce un modèle de transition vers une économie de la fonctionnalité ?
    - Peut-on passer à une logique industrielle de la conso collaborative ? Quels risques de dévoiement ?
    - Utopie collectiviste, cyber-libertarianisme, ou dystopie néo-libérale ?
    - Y a-t-il une remise en cause du droit à la propriété ?
    - Empowerment ou neo-servage (exemple de taskrabbit / Servant Economy)
    - Quel contrat social ? Compatibilité avec modèle de redistribution
    - Quelle redéfinition du travail ? travail salarié vs revenus des plateformes
    - Quel rôle pour l’usager : consommateur, pro-amateur, professionnel
    - Quel parallèle avec ce qui se passe dans d’autres pays / cultures (notamment pays émergents)?

    TRANSFORMATION ACTEUR PUBLIC + JURIDIQUE
    - Quel rôle/positionnement de l’acteur public : régulateur / redistributeur / offre publique vs privée
    - Empowerment vs big society : risque de retrait de l’acteur public (ex: UK gauche vs droite)
    - Quelles évolutions juridiques et fiscales ?

    TRANSFORMATION SECTORIELLES
    - Comment les secteurs vont se transformer (transport, distrib, gouvernance, assurance)
    - Quelles relation avec les acteurs historiques et les nouveaux entrants : affrontement, complémentarité, relation partenariale ?
    - Quelles opportunités pour les acteurs historiques ?
    - Quelle récupération maketing de la consommation collaborative ?

    DYNAMIQUE D’INNOVATION
    - Une approche écosystème ou winner takes all / monopole
    - Taux de mortalité élevé des plateformes ?

    STRATEGIES DES PLATEFORMES
    - Relation avec les acteurs historiques : affrontement, complémentarité, partenariats, …
    - Relation avec l’acteur public : comment lui parler ?
    - Masse critique : comment l’atteindre, y a-t-il des best practices
    - Masse critique : hyperlocale, locale, nationale, internationale
    - “Peut-on grandir sans perdre son âme d’enfant” ? (les initiatives sont-elles condamnées à se faire avaler par de gros acteurs ou à perdre leur esprit d’origine ?)
    - Comment réduire la friction (notamment sur le partage de biens) / lien avec les lieux ?
    - Comment répondre à des besoins user custom avec une plateforme personnalisée ?

    GOUVERNANCE / VALEUR / CAPITAL
    - Alternatives de gouvernance et modèle de propriété des plateformes (des plateformes en coopérative peuvent-elles exister ?)
    - Quel partage de la valeur entre usager et plateforme (nouvelle chaîne de valeur de la contribution)
    - Valeur d’usage vs marchande / valeur collective vs individuelle
    - Est-ce que la réintermédiation (confiance, logistique, assurance, sav) implique/justifie une plus grande captation de la valeur par les plateformes de conso collab ?

    DATA ET CONFIANCE
    - Rôle des acteurs dans la construction de la confiance
    - Quelle fiabilité pour les systèmes de confiance p2p
    - Emergence d’un standard de la réputation et la confiance ou cohabitation d’une multitude de standards?
    - Propriété et portabilité des données personnelles
    - Peut-on racheter une communauté (avec une plateforme)
    - Inter-opérabilité des systèmes et des plateformes
    - Consommateur mis au travail / digital labor : quelles questions cela pose ?

    VRAC
    - Impact sur la conception des biens et des objets (à rapprocher de la conception des lieux)
    - Quelles porosités consommation collaborative numérique / pré-numérique
    - Quel est le code social de la consommation collaborative ?

    MOTIVATIONS
    De nombreuses questions sur les motivations, qui seront traitées par l’étude sur les usages menée dans le cadre de l’expédition

    MODELE ECONOMIQUE
    COMMUNAUTE
    - Voir l'étude Chronos sur les communautés dans la fabrique des services collaboratifs

  • Le lancement de ShaREvolution le 11 février à l’ENSCI a permis de réunir un certain nombre d’acteurs concernés par la consommation collaborative. Comme présenté par Jacques François Marchandise, directeur de la recherche et prospective de la Fing,  plusieurs « généalogies » et acteurs se raccrochent à ce concept de consommation collaborative. Dans le champ pré numérique sont présents les acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS) et les acteurs réfléchissant aux modèles d’économie servicielle, et dans le champ numérique les acteurs de la consommation collaborative et les écosystèmes fondés sur les communautés - crowdfunding, crowdsourcing, logiciel libre, etc. Le numérique vient bousculer les acteurs, les modèles, les échelles (territoire, quartier, national, international), les dynamiques.
    Dans l’atelier sur "Opportunités et menaces", nous avions autour de la table des représentants du secteur de l’ESS, des acteurs publics, des acteurs urbains, des transporteurs, des constructeurs et des acteurs de la consommation collaborative. Sur ce document accessible ici, vous trouverez les premières menaces et opportunités telles que énoncées par ses participants. Vous pouvez la commenter, l’enrichir, en y mettant vos commentaires. Cette première cartographie sera enrichie au fur et à mesure de nos échanges, ateliers et débats.


    image

    Certaines opportunités sont prometteuses, comme celles pour un monde plus solidaire (accélérer les solidarités locales, les liens) avec la question de la formation des publics afin de redonner du pouvoir aux citoyens, plus « responsable » (pousser à des logiques de recyclage, de valorisation des capacités excédentaires) ou celles concernant à réfléchir aux secteurs « autrement » ; par exemple avec ces nouveaux modèles de partage de la voiture, ces nouveaux modèles permettent également de générer des opportunités d’usages environnementaux. Les échelles d’intervention des acteurs changent et peuvent être une opportunité mais aussi une menace puisque ces acteurs sont dorénavant en concurrence avec d’autres types d’acteurs. Il y a également un changement de relation client dès lors qu’ils sont offreurs de services et non plus de produits uniquement.
    Du côté des menaces, il y a le risque de la marchandisation des sociabilités ou la récupération par les grands acteurs au détriment du travail de terrain réalisé par les associations mais aussi la concurrence déloyale. La fragile santé des acteurs de la consommation collaborative est également une menace car les modèles économiques sont aujourd’hui peu viables et les entreprises de ce secteur peu rentables. Il y a bien sûr la question de la confiance derrière ces plateformes et qui gère le service.
    Pour ces acteurs autour de la table, il est en tout cas important de réfléchir ensemble et d’établir des passerelles entre les mondes "pré numérique » et « numérique » et construire un écosystème dans une logique de partenariat avec le monde associatif. A suivre.

  • Les études autour des usages de la consommation collaborative se multiplient depuis quelques années. Focus sur « les pratiques collaboratives » pour l’Ademe, intérêt pour les « consommations émergentes » du côté de l’Obsoco,… toutes ne recouvrent pas le même périmètre de pratiques, et peu encore font plus que de s’intéresser à la « photographie » des motivations et usages, en allant jusqu’à analyser les trajectoires d’usages des individus.

    C’est une des ambitions de ShaREvolution que d’aller « creuser » de ce côté-ci, en ramenant de l’inattendu, de nouvelles connaissances des usages. Une étude sur les usages (dont le protocole est encore en cours de construction) sera ainsi menée au cours du premier semestre 2014, permettant d’aller tester un certain nombre d’hypothèses.


    Un atelier sur le sujet était organisé à l'occasion du lancement de l'expédition, le 11 février 2014. Comme entrée dans le sujet via le prisme des usages, cet atelier proposait à la fois de dessiner une première cartographie de freins et de motivations à l’entrée dans la consommation collaborative (à partir des expériences, ressentis et usages des participants, donc probablement encore très incomplète) et d’enrichir la première liste des hypothèses qui seront testées dans le cadre de l’expédition.

    La cartographie des freins et motivations

    Le tour de table a permis de mettre en évidence un certain nombre de leviers et de freins à l’engagement dans des pratiques collaboratives. Nous les avons regroupés en 3 grands pôles, qui cristallisent presque autant les motivations que les freins :
    - Ce qui est de l’ordre du souhaitable, de l’Imaginaire, la culture : expérience du partage, lien social, convivialité, engagements, valeurs )
    - La commodité, la simplicité, le design du service et l’expérience utilisateur (qualité du service, cadre de confiance…)
    - Ce qui est avantageux (bénéfices économiques, recherche de solutions immédiates,…)

    image

    Quelques motivations derrière la consommation collaborative

     

    image

    Des freins à l'usage de la consommation collaborative

     

    La cartographie des hypothèses

    Les hypothèses que nous souhaitons tester et explorer durant notre étude sont au moins de 3 ordres : des hypothèses concernant les usages de la consommation collaborative, une exploration des corrélations plus ou moins attendues (est-ce que ce sont les usages numériques qui sont corrélés avec les pratiques collaboratives, ou est-ce plutôt les profils « mobiles », « voyageurs » qui ont surtout recours à de telles pratiques? etc.), et des hypothèses concernant le poids de l’imaginaire dans les motivations ou les freins à la consommation collaborative.

    Carto Hypothèse Février2014

    Une description plus complète des hypothèses est accessible sur cette page. N'hésitez pas à la compléter, et à y apporter vos propres hypothèses !


    Un mot sur les publics de l’étude pour conclure : une telle étude ne saurait s’intéresser qu’aux « usagers » de la consommation collaborative. Elle doit aussi prendre en compte les profils moins numériques ou peu collaboratifs, ayant des pratiques d’échange ancrées dans le territoire, etc. Ce sera un des vrais enjeux de l’étude Usages et motivations de ShaREvolution.

  • Le 11 février, retour sur le lancement de l'expédition ShaREvolution

    Par Marine Albarede le 26 février 2014
    • article
    • cr
    • consommation collaborative
    • évenement

    Le 11 février dernier se tenait le lancement de l'expédition ShaREvolution à l'ENSCI-Les Ateliers, en présence d'un public très varié : acteurs publics, grandes organisations, startups de la consommation collaborative, acteurs de l'ESS, chercheurs et étudiants...

    Lancement Sharevolution 11/02 - TH. Thibault

    L'occasion de présenter les travaux à venir durant l'année 2014, mais également de rentrer dans le vif du sujet, en faisant un premier tour de table autour de la consommation collaborative. Comme entrée en matière, nous avons demandé aux participants de partager les 3 mots qui selon eux caractérisaient le mieux cette consommation collaborative.


    Voici le résultat de ce premier tour de table sous la forme d'un nuage de mots :

    Nuage de mots - Consommation collaborative

    Bien sûr, cela reste un tout premier exercice (sans prétention) mais qui commence à raconter des choses, autour des notions associées à la consommation collaborative comme de son imaginaire.

    On sait que certaines pratiques collaboratives sont anciennes et plutôt renouvelées par le numérique, mais la consommation collaborative signifie pour beaucoup de "Nouveaux usages" et un fort potentiel d'innovation. Les notions de partage et la présence de la communauté sont d'autres caractéristiques de cette consommation, qui touche à des enjeux économiques, sociaux et environnementaux...

    Raconter une histoire de la consommation collaborative sur le temps long 

    Au-delà de cette "photographie", un des enjeux de l'expédition ShaREvolution est de lire l'histoire de la consommation collaborative sur le temps long, car elle s'apparente à des généalogies bien distinctes mais qui se croisent et parfois s'alimentent. On peut en décrire au moins 4 :

    • Une lecture provenant de l'ESS, et qui s'est progressivement aussi incarnée dans l'innovation sociale
    • Une seconde généalogie provenant de formes plus numériques, autour du logiciel libre - des biens communs, de l'économie du libre, de la communauté
    • Une troisième, provenant d'horizons plus serviciels, pas forcément numériques, mais qui s'intéressent au post-patrimonial, à l'économie de la fonctionnalité, sans faire appel à une communauté.
    • Une dernière, franchement numérique, plus horizontale ou bottom-up (crowdsourcing, économie de la contribution, web 2.0...)

    Dans quelle mesure la consommation collaborative se situe-t-elle à la convergence de ces 4 généalogies ? Comment ces histoires s'articulent-elles? Observer ce qu'il se passe du côté de l'offre, des motivations, usages et trajectoires des usagers, mais aussi les écosystèmes nous permettra au cours de l'expédition d'aborder toutes ces questions.

     

    Sémantique et définition, un enjeu pour le sujet

    Il nous paraissait aussi important de proposer au cours de cette première rencontre quelques éléments de sémantique et de définition (cela a d'ailleurs fait par la suite l'objet d'un atelier spécifique), car le langage autour de la consommation collaborative et son périmètre prêtent toujours aujourd'hui à de nombreuses discussions (voir cet article de Slate autour de ce que l'on met derrière l'économie du partage, ou ces quelques éléments de clarification proposés par Rachel Botsman).

    Nous proposions de nous baser sur une première définition, sans nous interdire de la revoir au cours de l'expédition : "La consommation collaborative est un modèle économique favorisant l’usage sur la possession via le partage, le troc, la revente, la location, le prêt ou le don de biens et services." 

     

    4 thématiques d'ateliers

    Cet après-midi s'est poursuivi ensuite autour de 4 ateliers, dont vous trouverez les compte-rendus en ligne très prochainement : 

    Opportunités et Menaces
    Pour les acteurs installés, les nouveaux entrants, les acteurs de la consommation collaborative, le marché…
    Quels secteurs impactés demain ? Quelles bascules envisager ?

    Motivations, freins et usages
    Du côté des usagers, quels freins, quels leviers?
    Quelles hypothèses vérifier concernant les usages, trajectoires et motivations durant l’expédition? Auprès de qui mener cette étude ?

    Les modèles en tension
    Quelles tensions entre les différents modèles ? Quels exemples ?
    Qu’est-ce que ces tensions transforment pour vous ?

    Cartographie de l’offre
    Quel périmètre de l’étude ? Quels exemples « nouveaux » ?
    Quels critères d’analyse des modèles de l’offre ?

  • #Sharevolution - Revue de veille, première.

    Par Marine Albarede le 17 février 2014
    • veille
    • sharevolution

    Au cours des dernières semaines - et même avant le lancement "officiel" de l'expédition, nous avons entrepris un travail de veille, dans le groupe Diigo de ShaREvolution. A ce jour, c'est plus d'une centaine d'articles qui ont été référencés.

    A l'instar d'InternetActu et de nos camarades de l'expédition Digiwork, nous ne souhaitons pas en rester là : nous allons essayer, chaque semaine, de mettre en avant entre 5 et 10 liens autour de notre sujet de la consommation collaborative. 

    Nous commençons dès cette semaine avec une première sélection : 

     

    [Quelques liens]

    The sharing economy: a short introduction to its political evolution - Sharing.org  (EN)

    Un bon texte de synthèse sur l'actualité politique de l'économie du partage ; les débats et controverses qu'elle suscite, la vision politique, économique et sociale qui la porte, etc.
    Si la définition de l'économie du partage, elle-même, fait débat, tout le monde ne met pas la même chose derrière, des modèles différents sont en tension... pourtant, n'y aurait-il pas une vision commune de cette économie, qui porterait un vrai changement systémique ? 

    3 façons pour les marques de survivre à l'Economie du Partage en 2014 - Fast.co (EN) 

    Alors que nous consommons de façon de plus en plus collaborative, voici ce à quoi les marques devraient penser : jouer à l'avocat du diable, entrer en compétition avec d'autres acteurs ou collaborer, créer avec eux, et agir comme un "thérapiste", en écoutant les consommateurs et leurs besoins plus attentivement.

     

    [Infographie]

    La consommation collaborative n'est plus marginale - Blog CoVivo

    Retour sur une infographie, réalisée par Ask Media pour l'édition papier de La Tribune, sur le développement de la consommation collaborative, selon une étude réalisée par TNS-Sofres en novembre 2013. Parmi les enseignements, 1 français sur 2 serait adepte de la consommation collaborative, avec des pratiques très diverses. C'est aussi pour ces consommateurs une façon de retrouver du lien direct, de la confiance.

     

    [Etudes]

    “The Rise of the Sharing Economy: Estimating the Impact of Airbnb on the Hotel Industry" - Boston University (.pdf) (EN)

    Une des premières études de l'impact de la consommation collaborative sur l'industrie hotelière, proposant des résultats quantitatifs. Si comme certaines études le laissent entrevoir, le développement d'Airbnb aurait un impact non négligeable sur certains segments de l'industrie hotelière , d'autres segments ne sont pas touchés par la concurrence. Ou comment le métier des hôteliers moyen et bas de gamme pourrait se voir bouleverser, quand le marché des hôtels d'affaire ou de luxe pourrait rester stable.

    Les communautés dans la fabrique des services collaboratifs - Groupe Chronos

    Chronos livre une courte et intéressante étude sur l'économie collaborative en analysant 8 services pour comprendre leurs impacts et mettre à jour la complexité des modèles de services possibles, en utilisant 6 grands critères : Quelle densité de liens les services génèrent-ils ? Sont-ils engageants ou ouverts ? Comment articulent-ils le online du offline ? A quel territoire nous relient-ils (hyperlocal, monde…) ? Quel est leur degré de flexibilité (usage prescrit, détournement ou flexibilité) ? Quel est leur mode de gouvernance (participation, implication, coconception) ?

     

    [Service - Zoom et éclairage ]

    Uber lance un nouveau service de covoiturage urbain - Les Echos

    La société américaine de VTC teste à Paris UberPop, une offre de covoiturage sur courte distance. Elle complète ainsi sa gamme avec une tarification plus basse. Uber est une société américaine de VTC (véhicule tourisme avec chauffeur). Concernant le vocabulaire utilisé, on parle de chauffeur "amateur" pour parler d'économie Pair à Pair... une arrivée qui risque de renforcer certains conflits déjà bien actifs ! 

    UberPop, Un nouveau service urbain de Taxi entre Particulier - Transports du Futur

    L'annonce de l'arrivée d'Uber à Paris UberPop ne va pas calmer les conducteurs de taxi : il s'agit de décliner le concept de Véhicule avec Chauffeur en allant jusqu'à remplacer le Chauffeur professionnel par un particulier. Il s'ajoute à l'offre UberX pour lequel un chauffeur professionnel utilise son propre véhicule. Il s'agit d'un nouveau service de mobilité. Mais comment questionne-t-il les offres existantes, et comment contribue-t-il à redéfinir le service urbain de mobilité partagé ?

     

    [Pour aller plus loin... des questions de régulation des tarifs]

    Is Uber’s Surge-Pricing an Example of High-Tech Gouging? - NY Times (EN)

    Uber, ou comment l'augmentation des prix à certains horaires et sur certaines périodes (et l'algorithme qui est derrière) n'en fait pas forcément un choix plus intéressant - y compris pour l'usager - que les taxis traditionnels, qui ont des prix régulés.

  • Lancement de l'expédition ShaREvolution - Rejoignez la communauté !

    Par Marine Albarede le 7 février 2014
    • sharevolution
    • lancement
    • expedition
    • calendrier
    • communaute

    L'expédition ShaREvolution débute ! Rejoignez dès à présent la communauté !

    La Fing et Ouishare s’unissent dans ce projet de R&D collective, aux frontières de l’économie du partage et de la consommation collaborative.
    Participez aux échanges et aux travaux qui se dérouleront tout au long de l'année 2014 en vous inscrivant au Groupe de travail ShaREvolution.

     

    A l’heure des premiers succès, mais aussi des premiers doutes, c’est maintenant qu’il faut se poser les bonnes questions, pour anticiper et agir !
    Les grandes questions de ce projet :

    • Quel portrait de l’offre existante et quels modèles économiques de cette économie ?
    • Quelles motivations du côté des consommateurs et quels moteurs du partage ?
    • Quelles tendances, quelles controverses, quelles tensions ?
    • Dans quels domaines, quels secteurs, la consommation collaborative pourrait-elle se développer demain ?

    > lire le dossier de présentation de l’expédition (.pdf)

    Calendrier de Sharevolution

     

    3 temps : Cartographier le sujet, saisir les dynamiques, préparer l'action innovante

    Durant les premiers mois de l'expédition, jusqu'en avril, nous re-dessinerons la carte du paysage : définition du périmètre, analyse de l'offre et modèles économiques, usages, motivations et freins du côté des consommateurs, tensions et controverses du sujet...

    Plusieurs journées d'ateliers et de rencontre viendront rythmer ce premier temps, dont la première journée se tiendra le 11 février. Si vous avez manqué les inscriptions, la synthèse sera disponible très rapidement ici-même.

     

    La suite de l'expédition sera plus prospective : nous imaginerons des "scénarios extrêmes" de l'évolution de la consommation collaborative, identifierons des territoires d'innovation et des pistes d'innovation ou de projets actionnables.
    Là encore, des temps d'ateliers (dont plusieurs lors du OuiShare Fest) permettront à tous les participants de se projeter, et d'imaginer ensemble un futur souhaitable pour la consommation collaborative.
     

    Les échanges seront également animés en ligne tout au long de l'expédition, n'hésitez pas vous-même à nous proposer des pistes ou à réagir aux documents et articles qui seront postés dans cet espace !
    Si vous souhaitez rejoindre la communauté, faites-vous connaître !

     

    L’expédition a le soutien de l’Ademe, Bouygues Construction, Bouygues Immobilier, EDF R&D, la Région Nord-Pas-de-Calais, Renault.

     

Conception & réalisation : Facyla ~ Items International

Plateforme construite avec le framework opensource Elgg 1.8

Feedback

Vous avez une remarque à faire, de nouvelles idées à proposer ou un bug à signaler ? Nous serions ravis d'avoir votre retour.
Archive statique du réseau social de la Fing (reseau.fing.org, contenus des groupes), reconstituée à partir de la Wayback Machine. Cette page a été capturée le 04/11/2017 (voir LISEZMOI).