Pourquoi le Carrefour des Possibles, alors qu'il existe déjà d'autres lieux où les porteurs de projets viennent se présenter ?
Denis Pansu : Le Carrefour des Possibles se démarque de nombreux lieux de rencontre du fait de son ouverture. L'idée est de faire se rencontrer des acteurs issus d'univers très différents - économique, institutionnels, artistique, associatif, avec l' intention de générer des connexions, des associations d'idées, de futures innovations ; partant du principe que l'innovation naît de rencontres improbables.
Aujourd'hui, on ne cesse de constater qu'entrés dans l'ère des réseaux, nous vivons encore tous dans des univers très cloisonnés.
En provoquant, avec le Carrefour, ce type de rencontres, nous avons créé un lieu original, tout à fait complémentaire des autres lieux de rencontres, comme Capital-IT , qui est d'ailleurs partenaire du Carrefour.
L'autre spécificité réside dans l'angle choisi pour les projets qui doivent, principalement, porter sur les usages innovants des technologies de l'information et de la communication (TIC) en réseau. Or, il n'y a pas tant de lieux qui décrivent des usages, de façon concrète. La question que nous posons aux porteurs de projets est de savoir en quoi leur proposition peut changer la vie des utilisateurs.
Selon vous, le pari du mélange des genres est réussi ?
Oui ; des contacts se sont établis entre participants et porteurs de projet qui n'auraient pas eu lieu autrement. Le retour des utilisateurs potentiels est très apprécié par les innovateurs nécessairement "la tête dans le guidon".
Une chose est sûre : dans ce genre de lieu, il faut venir sans a priori. Vu l'ouverture du Carrefour, la solution vient rarement de là où on l'attend. D'où l'importance de ne pas annoncer les projets à l'avance. C'est la règle de l'inconnu. Quand on vient au Carrefour il faut accepter la surprise, et avoir une capacité d'étonnement intacte.
Comment sont sélectionnés les projets ?
Ils sont repérés via les différents réseaux de la FING et nos partenaires. D'autre part, toute personne peut proposer un projet sur le site de la FING. Et à partir de là, les projets sont soumis à un comité de sélection afin d'en retenir 10.
Sur quels critères ?
La nouveauté du projet dans son domaine. On observe également s'il traite réellement d'un usage et pas simplement d'une technique, la capacité du projet à être compréhensible par des acteurs d'autres univers.
De manière générale, qu'est ce qui vous a le plus étonné ?
C'est d'identifier les réciprocités immédiates entre des projets sans que ce soit planifié. Nous sélectionnons sans avoir une grille précise de sélection type un projet éducation + un projet artistique etc. Et nous nous apercevons que cette sélection sans a priori a finalement une cohérence.
L'autre étonnement est de voir des gens qui n'ont rien de commun se mettre à discuter, à échanger, avec la complicité de ceux qui ont participé, collectivement, à une découverte.
Qu'est ce qu'il y aurait à améliorer dans ce Carrefour ?
Sûrement beaucoup de choses mais il faut faire attention à ne pas limiter la dynamique en voulant trop bien faire. Nous réfléchissons à comment améliorer la phase de rencontre qui suit la présentation des projets et à développer les partenariats pour avoir des repérages plus fins et disposer de plus de temps pour briefer les projets.
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