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Qu'est-ce que les crises viennent faire au numérique actuellement ?

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Les crises répétées (quels que soient les effets déclencheurs) sont autant de moments d'accélération des transformations numériques, que de mise en lumière des nouveaux risques technologiques (d'un point de vue technique, mais aussi politique avec le renforcement des contrôles par exemple). Dans une société du risque, un fossé se creuse entre ceux qui voient le numérique (même dégradé) comme une solution et ceux qui le voient comme un problème.

La crise comme phénomène total et de plus en plus fréquent (voire continu) met en lumière les outils et les usages numériques fragilisants.

Les nouveaux risques technologiques

Tout d'abord, les crises mettent en lumière des nouveaux risques technologiques, sans cesse renouvelés par la progression des outils et des usages. En effet si toute technique (même très simple) comporte des risques propres à ses fonctions (la voiture porte un risque de collision, le couteau de se couper, etc), les nouvelles technologies ouvrent de nouveaux champs de risques plus ou moins imprévus et plus ou moins indirects. Dans ce cadre, les crises montrent les risques qui existaient dans une technique et qu'on ne peut connaître vraiment qu'en les expérimentant. Comment Mark Zuckerberg aurait-il pu prévoir le problème des bulles informationnelles à grande échelle sur Facebook avant qu'on constate ses effets néfastes (polarisation politique des usagers) ?

Data.

Cyber-risque. Rapport de LIREC sur Les risques et l'environnement numérique.

Les cyber-risques sont d'autant plus présents dans les infrastructures critiques, cibles fréquente des cyber-criminels, redoublant la vulnérabilité d'un territoire : "Les Opérateurs de services essentiels (OSE) ont vu leurs infrastructures critiques de plus en plus exposées du fait de la transformation numérique. Technologies intelligentes et automatismes connectés ont investi l’univers industriel. Cette hyper-connectivité rend les systèmes vulnérables aux cyberattaques, d’autant que ces dernières sont de plus en plus sophistiquées." : https://www.faceaurisque.com/2020/06/03/systemes-de-controle-industriel-les-vulnerabilites-liees-a-la-connectivite/

L'accélération des transformations numériques dans les crises : "le numérique propose, la crise impose" → télétravail, réseaux sociaux, outils collaboratifs

Face à l'urgence de situations de crise qui demandent des réponses rapides et efficientes, le numérique apparaît comme une opportunité de répondre à des problèmes à plusieurs niveaux.

Le numérique en mode dégradé

Le numérique dans les crises est souvent en mode dégradé, c'est-à-dire aux fonctionnalités limitées. Mais le mode dégradé se situe également au niveau des usages. Par exemple le télétravail forcé par le confinement au plus fort de la crise sanitaire du Covid-19. Ce nouvel usage s'est généralisé sans forcément des outils au point, une organisation managériale appropriée, et des travailleurs préparés à travailler sur ce mode-là. Il est important de comprendre que les outils et les usages numériques dans la crise ne sont pas les mêmes que hors de la crise : la crise est le temps du bricolage technique ("on fait avec ce qu'on a"), du bricolage organisationnel ("on s'organise comme on peut, avec qui est là"), et de la suspension des problèmes usuels ("on verra après la crise").

Voir le Connecteur Recherche « Session 4 - Les organisations publiques à l'épreuve de l'incertitude »

Le mode dégradé est à la fois un problème et une solution : il est une solution à partir du moment où il a été pensé en amont pour pouvoir continuer à faire vivre des activités indispensables ; il peut devenir un problème s'il ne s'accompagne pas d'une réflexion autour des effets néfastes de ce mode dégradé et de la mise en place de compensations organisationnelles pour palier la dégradation dudit système numérique.

Par exemple, Emma Santos a recueilli le partage d'expérience d'un chef de salle de Centre Opérationnel Départemental des Hauts-de-Seine qui raconte comment ils se sont organisés pour anticiper le mode dégradé des outils numériques en cas de crise : « Que ce soit au quotidien ou en gestion de crise, le SIDPC dispose de radios et de deux réseaux internet : un sécurisé et un libre pour assurer une redondance si jamais l’un des deux tombe en panne. Des groupes électrogènes sont également à disposition en cas de pannes électrique. Un grand nombre de logiciels sont déployés sur internet : des applications métiers et web (pour la cartographie notamment). Le SIDPC des Hauts-de-Seine a également mis en place un "COD dégradé". Celui-ci pallie les différentes pannes. Pour la cartographie, par exemple, si jamais les logiciels sont en échec, il y a toujours possibilité de passer sur du numérique libre comme avec l’outil google maps. Aussi, si jamais internet n’est plus disponible, le service peut compter sur des jeux de centaines de cartes par ville sur clés USB et papier. De même, des téléphones satellitaires sont prévus en cas de perte de réseaux (GSM ou filaire) ainsi que des adresses mail de secours. Le SIDPC des Hauts-de-Seine a donc conçu des plans de redondance pour chacune de ses installations informatiques. Le service peut aussi travailler sans internet. Par exemple, s’il faut transporter un point de situation d’une préfecture à un autre endroit, cela est possible avec deux motards. Cela prendra plus de temps mais est réalisable. La préfecture des Hauts-de-Seine est une des seules préfectures en Ile de France à avoir une disposition générale qui permette de travailler en mode dégradé. »

Nouveaux outils, nouveaux usages

Politique : fossé qui se creuse entre technophiles et technophobes

Les nouveaux risques liés au progrès technologique (qui ne sont pas que les risques technologiques en tant que tels, mais sont liés à la complexification des systèmes, l'urbanisation croissante,

Renforcement des contrôles : prévention des risques, etc.


Notes