Les limites du numérique dans la gestion des crises
- Besoin de retours
- Oui
- Partie
- Tensions et limites
- Sous-partie
- Limites
Les outils numérique portent en eux-mêmes des limites qui, si elles ne sont pas prises en compte dans leur déploiement, deviennent des vulnérabilités, voire des risques majeurs. Il est indispensable de connaître leurs limites pour adapter leurs usages par les différents acteurs face aux risques et aux crises : les utiliser au bon endroit, au bon moment, et par les bonnes personnes. On a tendance à voir l'outil numérique, et la technologie en général, comme une solution en soi, oubliant parfois le problème auquel est censé répondre l'outil, et occultant les enjeux des usages ; les contraintes et les limites des outils eux-mêmes et de leur déploiement selon les situations ; les enjeux éthiques et politiques derrière tout outil. La crise, quelle qu'elle soit, constituant en elle-même une limite du numérique qui, comme tout outil, peut s'avérer inopérant si le contexte de son utilisation change.
Équité, mutualisation, interopérabilité
Multiplication des outils et des SI (manque de mutualisation)
Inéquité d’équipement entre les acteurs d’un même domaine (petites et grandes organisations : entreprises, SDIS) et entre les territoires
Les contraintes matérielles des technologies numériques, des freins à leur usage dans les crises
Les contraintes infrastructurelles
Ce qu'on appelle le numérique est avant tout un ensemble d'infrastructures matérielles qui produisent, stockent, échangent, traitent, analysent... On a tendance à oublier cette réalité physique du numérique (les câbles immergés, les data centers partout dans le monde, les super- ordinateurs, etc), car on associe à ces technologies des phénomènes virtuels (réseau, cloud, donnée). Dans les moments de crise, les infrastructures sont très souvent fragilisées, voire détruites, ou rendues difficiles d'accès, que ce soit des aléas environnementaux, ou bien des événements comme les attentats ou les attaques. Dans ces cas-là, les infrastructures touchées non seulement peuvent rendre impossible l'usage de certains outils numériques utiles dans la gestion de crise (réseaux internet, réseau téléphonique, technologie Linky), mais contribuent même à fragiliser les populations (isolement, manque d'informations, manque de moyens de communication).
Les contraintes financières
Les technologies numériques sont des outils puissants, complexes, qui consomment beaucoup d'énergie. La production et le déploiement d'une technologie comme les intelligences artificielles représentent un coût important et incompressible.
Pour prendre un exemple très récent, la technologie des cell broadcast. Comme l'a annoncé le Ministre Gérald Darmanin lors des 1 an de la crise Lubrizol à Rouen, la France va s'équiper d'un système d'alerte d'urgence par SMS. Cette technologie efficace, utilisée déjà par beaucoup de pays comme les États-Unis et l'Italie, a tardé à se mettre en place en France pour des raisons financières. Cette technologie est onéreuse.
Les contraintes techniques
- Un niveau d'expertise élevé
Les technologies numériques, que ce soit des objets comme les drones, ou des sites internet, demandent une expertise technique pour leur maintenance, et souvent aussi pour leur usage. Il y a alors deux possibilités : la compétence technique est internalisée dans une organisation (avec la création de nouveaux métiers comme les dronistes chez les pompiers), ou bien déléguée à l'extérieur (via des entreprises d'experts, ou des indépendants). Que ce soit l'un ou l'autre des modalités, l'expertisation des compétences techniques représente une contrainte au moment des crises. Si le droniste est bloqué dans sa voiture, cela veut dire que personne d'autre n'est capable d'utiliser le drone, pourtant existant et en bon état de marche ? En plus de la dépendance à l'outil, il y a la dépendance à l'expert qui seul comprend l'outil.
- Obsolescence et problème de réparabilité
- Réseaux
Données : sécurité, stratégie, données personnelles
Les données sont un sujet en soi, qui fait l'objet de beaucoup de recherches dans toutes les disciplines (éthique, technique, politique, sociale...). Les enjeux autour de la récolte, le stockage, le traitement, l'échange, et l'usage des données sont multiples et urgents à questionner. Dans les crises, les données sont indispensables à tous les niveaux (comme on l'a vu précédemment), et sont donc l'occasion forcée de se pencher sur les problèmes qu'elles font émerger.
Format et interopérabilité
Dépendance aux données du cloud : et si on n'y a plus accès ?
Les outils versus les usages
- Entre acceptation et appropriation des outils :
- Décalage entre le temps de l’innovation et celui de l'usage massif (effet de traîne importants)
- Approche normalisée vs prise en compte de l'individu
- Littératie numérique variable
- Manque de perception critique des outils : éthique
- Libertés publiques : renforcement des contrôles
- Environnement (ressources limitées, énergie nécessaire colossale)
- Renforcement des inégalités (inégalités numériques ajoutées aux inégalités sociales)
- Solutionnisme → « on ne résout pas un problème avec les modes de pensées qui l’ont engendré » Einstein. Plus-value limitée de certains outils